La ville d’Antibes accueillera dès 2026 une nouvelle course au large en Méditerranée : l’Odyssée Ultim. Cette épreuve réunira cinq maxi-trimarans de la classe Ultim pour une boucle de 2.000 milles, avec un départ fixé au 28 avril. Une grande première en Méditerranée pour ces géants des mers.
Banque Populaire, Sodebo, Maxi Edmond de Rothschild, Actual et SVR-Lazartigue seront au départ de cette course inédite qui emmènera les marins jusqu’aux côtes d’Olympie, en Grèce, avant un retour vers Antibes. Ce nouveau rendez-vous marque une étape importante dans l’ouverture de la course au large à la Méditerranée.
« Après les transatlantiques et le tour du monde, on est heureux aujourd’hui d’avoir un parcours à la hauteur de nos bateaux en Méditerranée », s’est réjoui Samuel Tual, président d’Actual et représentant des armateurs de la classe Ultim.
Des multicoques spectaculaires de retour sur la Côte d’Azur
Les Ultim, ces multicoques géants de 32 mètres de long et 23 mètres de large, avaient déjà fait escale à Antibes en 2024 à l’occasion de la Finistère Atlantique. Le spectacle offert avait alors suscité un fort engouement.
« C’était un petit avant-goût de ce nouveau challenge. La Méditerranée sera un terrain de jeu exceptionnel », a déclaré Patrick Gilliot, cofondateur de CapMed, société organisatrice de la course.
Une navigation imprévisible qui séduit les skippers
Longtemps associée à des régates plus discrètes, comme la Paprec 600 Saint-Tropez ou certaines étapes du Tour de France à la voile, la Méditerranée séduit aujourd’hui les grandes classes océaniques. La course Ocean Race Europe y fera d’ailleurs escale cet été, avec un passage par Nice, Gênes, puis la baie de Kotor.
« C’est une navigation plus nerveuse, avec des systèmes météo moins réguliers que lors d’une transatlantique. Il y a souvent des rebondissements », souligne Armel Le Cléac’h, skipper de Banque Populaire.
« Ce sont des eaux compliquées. Le vent bascule d’un instant à l’autre, cela rend la tactique très intéressante. Il y a énormément d’îles sur le tracé, donc les choix stratégiques sont importants », ajoute Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild).
Un parcours mythologique pour des bateaux futuristes
Le tracé de l’Odyssée Ultim imposera aux skippers de contourner une bouée proche d’Olympie, avant de revenir vers Antibes. Le tout devrait prendre environ cinq jours, en passant notamment par Ithaque, l’île d’Ulysse dans l’Odyssée d’Homère, si les conditions le permettent.
« J’ai passé plus de dix fois le Cap Horn, mais je ne suis jamais allé aussi loin en Méditerranée, je suis ravi », confie Thomas Coville, skipper de Sodebo.
« Ces bateaux ont été pensés pour faire de la planète entière leur terrain de jeu. Ce voyage-là, c’est un peu celui d’Ulysse. La course au large, on l’a pour beaucoup commencée grâce à cette part d’aventure qui fait rêver », poursuit-il.
Une mer capricieuse qui promet du suspense
La Méditerranée, sans marée, peut parfois offrir des périodes de calme plat, plus difficiles à gérer que les tempêtes pour certains skippers. Un facteur supplémentaire d’incertitude dans une course déjà technique.
« Elle est belle et capricieuse, instable, et c’est ça qu’on aime aussi. J’ai goûté à des régates ici en Optimist et en Laser, mais jamais sur des bateaux d’une taille pareille. Cette course s’annonce très ouverte. Peut-être qu’il y en aura d’autres ensuite », espère Anthony Marchand (Actual).
Avec AFP





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