Une découverte archéologique exceptionnelle a eu lieu au large de Ramatuelle (Var) : une épave datant du XVIe siècle a été localisée à 2.567 mètres de profondeur, un nouveau record dans les eaux territoriales françaises.
L’annonce a été faite mercredi par la préfecture maritime de Méditerranée et le ministère de la Culture. Il s’agit de l’épave « la plus profonde jamais découverte dans les eaux françaises », a précisé Arnaud Schaumasse, directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), lors d’une conférence de presse à bord du navire Alfred-Merlin.
Jusqu’ici, le record était détenu par le sous-marin La Minerve, retrouvé à 2.300 mètres de fond au large de Toulon.
Découverte fortuite grâce à un drone sous-marin
Cette trouvaille spectaculaire est survenue le 4 mars 2025 de manière totalement fortuite, dans le cadre de la stratégie de reconquête des fonds marins lancée par le gouvernement en 2019.
« Le sonar a détecté une masse importante. Nous y sommes retournés avec la caméra du drone, puis avec un robot sous-marin pour obtenir des images de très haute qualité », a raconté Thierry de la Burgade, adjoint au préfet maritime de la Méditerranée.
Les premières analyses du Drassm suggèrent qu’il s’agit d’un navire marchand italien du XVIe siècle, mesurant 30 mètres de long pour 7 de large. Il aurait quitté un port de la région de la Ligurie, transportant de la céramique et des barres de fer.
Trésor archéologique figé dans le temps
Les images révélées montrent plus de 200 pichets globulaires richement décorés, portant le monogramme IHS du Christ ou des motifs végétaux et géométriques typiques du nord de l’Italie.
« On y voit aussi une ancre, six canons en fer, une centaine d’assiettes jaunes soigneusement empilées, ainsi que deux chaudrons », a détaillé Marine Sadania, archéologue du Drassm en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Baptisée Camarat 4, l’épave repose dans un environnement lunaire, malheureusement pollué par des déchets contemporains comme des canettes ou des pots de yaourt. Mais cette pollution n’enlève rien à l’importance scientifique du site.
« À cette profondeur, aucune opération de pillage n’a été possible. Le site est resté intact, comme figé dans le temps. C’est exceptionnel et très prometteur d’un point de vue archéologique », souligne Marine Sadania.
Une exploration scientifique et une restitution publique à venir
En partenariat avec la Marine nationale, le Drassm prévoit dans les deux prochaines années la création d’un jumeau numérique en 3D de l’épave et la réalisation de prélèvements pour des analyses plus poussées.
À terme, les résultats de ces fouilles seront partagés avec le grand public. Cette épave unique pourrait ainsi devenir un jalon majeur de la connaissance de l’histoire maritime en Méditerranée.
Avec AFP





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