À Nice, la société Mercator Ocean a dévoilé les premiers usages de son « jumeau numérique » de l’océan, une plateforme de simulation conçue pour rendre les données marines accessibles à tous et mieux anticiper les effets du changement climatique.
Développé avec le soutien financier de l’Union européenne, ce projet s’inscrit dans la continuité d’une initiative lancée en 2023 par Bruxelles visant à créer une copie numérique complète de la planète. L’objectif : permettre la modélisation de phénomènes environnementaux pour en anticiper les risques et guider les décisions politiques.
Un système complet, nourri par des milliards de points de mesure
Le jumeau numérique des océans repose sur l’intégration de toutes les données marines existantes, qu’elles proviennent de satellites, de bouées ou de navires océanographiques. Ces informations sont combinées à des modèles mathématiques pour combler les lacunes et restituer une vision globale de l’océan.
« On utilise des modèles mathématiques et physiques pour boucher les trous et avoir une représentation globale de l’océan, avec à peu près 9 milliards de points de mesures sur des tas de variables », a expliqué Alain Arnaud, directeur de l’océan numérique chez Mercator Ocean.
Des outils d’aide à la décision en construction
Basée à Toulouse, la société Mercator Ocean est spécialisée depuis plus de vingt ans dans la surveillance de l’état de l’océan. Elle devrait prochainement devenir une organisation internationale. Le projet de jumeau numérique n’en est encore qu’au stade de prototype, et nécessitera une puissance de calcul accrue pour atteindre son plein potentiel.
« La modélisation océanique existait depuis des années. La science on l’avait déjà. On a créé l’interface qui permet de rendre l’information beaucoup plus accessible », a souligné Alain Arnaud.
Des cas concrets pour illustrer les usages
Le jumeau numérique pourra modéliser l’évolution de phénomènes extrêmes comme les cyclones ou encore analyser l’impact du changement climatique sur les océans. Il offrira également des outils pour appuyer la création d’aires marines protégées ou anticiper les conséquences de décisions politiques.
Une première application permet par exemple de simuler la dérive d’une bouteille plastique jetée à Marseille. Selon les courants marins, elle pourrait aboutir sur de nombreuses côtes méditerranéennes, avec une probabilité plus forte pour la Libye ou l’Égypte que pour l’Espagne.
Une autre application croise les données de déplacements de tortues marines avec celles des zones de pêche, afin de mieux identifier les périodes et secteurs où restreindre la pêche serait à la fois pertinent pour protéger les espèces et acceptable pour les professionnels.
Avec AFP





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