Alors que les combats à Gaza se poursuivent, des élus marseillais réclament la fin du jumelage entre Marseille et la ville israélienne d’Haïfa, une proposition que refuse le maire Benoît Payan.
Plusieurs élus et militants de gauche à Marseille souhaitent que la ville rompe ses liens avec Haïfa, cité portuaire israélienne jumelée avec la deuxième ville de France. Une demande portée par des associations pro-palestiniennes et relayée par le groupe municipal « écologiste et pluriel-s », membre de la majorité municipale.
Une pression politique croissante
Lors du prochain conseil municipal prévu le 20 juin, les élus écologistes entendent demander des « actes très précis » à la municipalité, selon Sébastien Barles, élu écologiste. Parmi eux : le gel de tout accord de coopération avec une entité israélienne « liée à un État génocidaire ».
« Un jumelage, c’est fait pour coopérer. Là, on est sur un territoire qui participe à l’effort de guerre et de génocide d’Israël », a ajouté M. Barles, accusant Haïfa d’être « le cœur de l’industrie de l’armement en Israël ».
La France insoumise soutient également cette démarche, tout comme plusieurs adjoints d’arrondissements, à l’instar d’Alexandre Rupnik (6e-8e), qui s’est étonné : « On ne comprend pas pourquoi la ville de Marseille reste frileuse à s’engager pour les Palestiniens alors qu’elle l’a fait pour l’Ukraine ou l’Arménie ».
Un refus assumé du maire de Marseille
Le maire divers gauche de Marseille, Benoît Payan, a opposé une fin de non-recevoir à cette demande lors d’une conférence de presse tenue le 10 juin. Il estime qu’il serait « injuste » de « punir » Haïfa, ville qu’il décrit comme « travailliste, pacifiste, et opposée au gouvernement de Netanyahu ».
« Haïfa n’est pas une commune engagée dans la guerre. Elle accueille chaque semaine des manifestations contre le gouvernement israélien. Faire l’amalgame avec l’armée, c’est honteux », a-t-il déclaré, ajoutant que ni le port ni les industries militaires présentes sur le territoire n’étaient sous le contrôle municipal.
Un futur jumelage avec une ville palestinienne
Pour répondre aux critiques, Benoît Payan a annoncé le 10 juin l’ouverture de discussions avec deux villes de Cisjordanie en vue d’un jumelage. La ville de Marseille n’envisage donc pas de couper ses liens avec Haïfa, mais souhaite « équilibrer » ses engagements symboliques au Proche-Orient.
Ce débat intervient dans un contexte de forte tension : après une trêve de deux mois, Israël a repris ses opérations militaires à Gaza à la mi-mars et les a intensifiées à partir du 17 mai.
Avec AFP



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