Confrontées aux effets du surtourisme, plusieurs grandes villes françaises voient les loyers s’envoler, le parc locatif traditionnel se contracter, et leurs quartiers centraux se gentrifier en quatrième vitesse. Mêmes causes, mêmes effets : tout comme Cannes et Menton, Nice est épinglée par une étude parue cette semaine.

Nice saturée de voyageurs ? Le site web Ville de rêve, habitué aux classements dédiés à la qualité de vie, dévoile cette semaine une étude sur les communes « victimes du surtourisme ».
Tel que développé dans ce précédent article de Nice-Presse, il est question ici de croiser les différents indicateurs qui prouveraient que par endroit, « trop, c’est trop ». En découle un « Touriscore » échelonné de A à E, des cités les moins aux plus écrasées par ce phénomène. Tout comme Menton et Cannes, la capitale de la Côte d’Azur écope de la pire note.
Voici les chiffres publiés au sujet de Nice. Sur les plateformes de type Airbnb et consorts, on décompte en 2025 au total 13.102 biens (un tiers, plus de 4200 dans le centre, et 8900 dans les autres quartiers). En seulement trois ans, 4450 annonces (+51%) de plus sont décomptées, preuve, affirment les auteurs du document, que la régulation ne porte pas suffisamment ses fruits.
Un problème, puisque ce sont autant d’appartements retirés du marché de la longue durée, pour les locaux et les nouveaux résidents. Alors que la tension immobilière est déjà vive…
Le Vieux et le Port, terrain de jeu des investisseurs ?
On découvre aussi que « 17.1% des logements du centre sont des meublés touristiques, mis en ligne sur Airbnb. 4% dans le reste de la cité ». Par ailleurs, les studios et T1 récemment mis en ligne sur l’application américaine représentent 40,3% des transactions immobilières récentes pour ces biens dans la partie « carte postale » de Nice. Si bien que l’on y observe 2246 meublés par kilomètre carré ! (225/km2 pour l’ensemble de la commune).
Le Vieux et le Port deviennent le terrain de jeu des investisseurs : 50% des annonces sont mises en ligne par des loueurs proposant déjà au moins trois biens différents.
Les hôtels, résidences pour voyageurs, auberges et biens proposés représentent aujourd’hui carrément 182.254 places réservées aux touristes au moins une part de l’année. Est-ce à dire que tout cela serait dû aux hôteliers ? Non, puisque ce sont surtout les meublés qui ont galopé depuis dix ans :

Ville de rêve englobe dans ces chiffres du surtourisme le nombre de bars et de restaurants alors qu’ils n’engendrent pas nécessairement tous des nuisances. Ainsi, Nice dispose de 3347 enseignes de ce type, soit 140 de plus en dix ans (ce qui ne traduit pas les reconversions et reprises d’affaires). Dans le centre, on en compte 602 par km², soit 104 habitants pour chacun.
Se saisissant d’une nouvelle réforme, la municipalité niçoise promettait en avril dernier de muscler son jeu pour réduire, dans les quartiers dits tendus, les nouvelles locations touristiques « a minima de moitié », à partir de cet automne (notamment avec un principe de quotas). Annonçant cette semaine dans nos colonnes le renforcement des dispositifs existants, avec le recrutement de nouveaux agents chargés des contrôles.
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ET AILLEURS ?
Les villes de taille intermédiaire ne sont pas épargnées. Arles, Nîmes, La Rochelle, Bayonne et Chambéry se voient attribuer un « Touriscore D », signalant une situation préoccupante. Leurs centres historiques, très attractifs, voient affluer les touristes au détriment des résidents, qui peinent à se loger ou à maintenir leur qualité de vie. Même constat dans les petites communes, souvent présentées comme des refuges tranquilles. Arras, La Ciotat, Épernay, Montbéliard, Berck et Fontainebleau figurent elles aussi parmi les « E ». Lourdes, Dinan, Les Sables-d’Olonne, Carcassonne, Agde, Concarneau ou encore Sète se situent au niveau D.



Encore un article de fatigués, combien de foyer niçois vivent de ce « sur«tourisme ? le chômage n’a jamais été aussi bas pour une clientele de plus en plus qualitative. Encore un article poubelle pour inciter à de nouvelles lois ou contraintes plutôt que de saisir l’opportunité de notre tourisme riviera. Les pleureuses, le Creuse vous attend.
[Commentaire incompréhensible, retiré au titre de la lutte contre les messages cachés]