Une journaliste de Mediapart et l’ancien directeur de publication Edwy Plenel ont été condamnés pour diffamation après un article visant des proches de Christian Estrosi, embauchés par la métropole de Nice.
La justice a tranché : la journaliste de Mediapart et Edwy Plenel devront verser une amende de 1.000 euros chacun, ainsi que 5.000 euros de dommages et intérêts à Christian Estrosi.
Le tribunal correctionnel de Paris les a reconnus coupables de diffamation pour un article publié en novembre 2020. Celui-ci évoquait des embauches controversées, écrivaient-ils, au sein de la métropole Nice Côte d’Azur, présidée par l’élu niçois.
L’article en question s’appuyait sur un rapport de la cour régionale des comptes (CRC), dévoilé par Mediapart avant sa publication officielle. Il mettait en lumière le recrutement de conseillers bien rémunérés, issus des hautes sphères de l’État.
Affirmations jugées « trop catégoriques »
Le maire de Nice avait saisi la justice après la publication de l’article. Le tribunal a pointé du doigt deux passages du texte, estimant qu’ils adoptaient « un ton très affirmatif » et allaient « beaucoup plus loin que le rapport de la CRC ». Ce décalage entre les conclusions officielles et l’interprétation de la rédaction a pesé dans la décision judiciaire.
Le tribunal judiciaire de Nice a condamné le responsable et la journaliste de Mediapart, Edwy Plenel et Hélène Constanty, qui m’avaient diffamé en publiant un article mensonger sur la gestion de la Métropole. La justice a tranché : on ne peut pas déformer les faits impunément. pic.twitter.com/rx1gBvQI5x
— Christian Estrosi (@cestrosi) July 4, 2025
L’avocat de Christian Estrosi, Me Olivier Baratelli, a dénoncé à l’audience une absence d’enquête approfondie. « Il n’y a pas eu d’enquête, la journaliste s’est contentée de recopier à charge le rapport », a-t-il affirmé, en assurant avoir produit plusieurs éléments attestant du travail réel des conseillers visés.
« Faire appel aux meilleurs »
Le rapport de la CRC évoquait « des pratiques irrégulières dans le domaine de la gestion des ressources humaines ». Bien qu’aucun nom ne soit mentionné, il faisait allusion à un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, un juge et un ancien préfet. Tous trois avaient été recrutés comme vacataires.
Dans son article, Mediapart avait titré : « Estrosi a embauché à la métropole des amis qui n’ont pas laissé de traces de leur travail », et avait dévoilé les noms des trois personnes concernées.
À l’époque des faits, Christian Estrosi avait revendiqué ses choix et déclaré qu’il continuerait « à faire appel aux meilleurs » pour gérer l’agglo. Contacté par l’AFP, l’avocat des journalistes n’a pas souhaité commenter la décision.
Avec AFP



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