À quai, la vedette de réserve, amarrée sous un soleil d’août, attend le prochain appel. Sur les ondes, le canal 196 diffuse ses messages. Ici, à la station SNSM du port Cagnes-sur-Mer, chaque intervention se joue au rythme du CROSS Méditerranée. Aux commandes, Gil Rochette, « patron » depuis près de vingt ans, veille sur une équipe de bénévoles prêts à larguer les amarres jour et nuit, pour sauver des vies ou secourir des bateaux en détresse.
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La saison bat son plein et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 122 interventions dans les Alpes-Maritimes depuis le 1er janvier, toutes stations confondues, soit plus de 325 personnes assistées.
« Et ça s’accélère l’été » souffle Gil Rochette, en consultant les données du jour. Cagnes fait partie d’un réseau de six stations départementales (avec Menton, Beaulieu, Antibes, Golfe-Juan et Théoule) qui couvrent une façade maritime dense et fréquentée.
Ici, pas d’îles à proximité, peu de mouillages, mais une multitude d’appels liés aux pannes moteur, avaries de propulsion ou embarcations à la dérive.
« En juillet-août, on enchaîne » poursuit le patron. Parfois pour un kayakiste qui tarde à revenir, parfois pour un yacht immobilisé, parfois pour un feu à bord.

La station du Cros-de-Cagnes est l’une des plus anciennes de Méditerranée, fondée en 1924 par des pêcheurs. Le vocabulaire est resté : à la SNSM, on ne dit pas « capitaine » ou « commandant », mais « patron », comme autrefois.
Gil Rochette, lui, a rejoint les rangs presque par hasard. « J’étais plaisancier, on m’a parlé de la SNSM, j’avais déjà une vedette… Un an plus tard, je devenais patron de la station. »
Derrière les interventions spectaculaires, un engagement bénévole constant. Vingt membres composent l’équipage, tous formés, tous à moins de dix minutes du port. « Il faut être en bonne santé, disponibles et prêts à donner du temps. C’est difficile de recruter. » L’été, l’effectif fond encore, chacun ayant droit à ses vacances.
Voiliers en panne, incendie de yacht…
La station navigue avec une vedette de réserve, le bateau principal - la Marguerite VI - étant en grand carénage à Marseille. « Un gros chantier, pas simple à gérer. » Les vedettes de la SNSM ont une durée de vie d’environ trente ans, rythmée par des sorties hebdomadaires pour sauvetages, exercices ou missions d’assistance, comme la surveillance du feu d’artifice de la ville.
Gil Rochette a vécu plus de 300 opérations. Certaines marquent plus que d’autres, comme ce voilier en panne au large du Cap d’Antibes, à la voile déchirée et au moteur HS, remorqué quatre heures durant dans une mer démontée.
Ou cet incendie de yacht au port de Saint-Laurent-du-Var, à évacuer en urgence pour éviter la catastrophe. « Quand on sort, on ne sait jamais ce que l’on va trouver…»

Ici, tout part d’un numéro : le 196, urgence en mer. Les appels arrivent au CROSS Méditerranée, qui coordonne les secours depuis la Garde, près de Toulon. « C’est lui qui décide quels moyens envoyer, qu’il s’agisse de nous, d’un hélico de la Marine nationale, des pompiers ou d’un ferry dérouté. »
Des interventions qui se multiplient en ce moment, entre plaisanciers imprudents et absence de surveillance sur les plages. Les sauveteurs, eux, restent sur le pont, prêts à appareiller. « On est bénévoles, mais on fonctionne comme une unité opérationnelle : 24 h/24, 7 j/7. »




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