Au Cros-de-Cagnes, il suffit de pousser la porte d’une petite salle discrète, nichée près du bord de mer, pour plonger dans une autre époque. Photos jaunies, filets, maquettes de bateaux : tout un pan de notre mémoire veille ici, porté par des bénévoles passionnés.
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« On veut que notre village vive encore, avec son histoire, ses traditions » confie Jean-Pierre Woignier, président de la « Commune Libre du Cros » et fondateur du musée consacré à ce quartier pas tout à fait comme les autres.
À l’origine, le Cros n’est qu’un hameau de pêcheurs, façonné par des familles venues, pour beaucoup, d’Ercolano, près de Naples. « On a ici des arbres généalogiques entiers de familles napolitaines. Elles sont arrivées par solidarité : il suffisait qu’une trouve du travail pour que d’autres suivent. »

Un esprit d’indépendance bien ancré
L’économie repose alors sur la mer : sardines, mais surtout anchois, la spécialité locale, pêchés par une centaine de bateaux et alimentant deux conserveries.


« En 1964, on enregistrait encore 183 tonnes de poisson, et près de 1000 personnes vivaient directement de la pêche » raconte Jean-Pierre Woignier. Aujourd’hui, il ne reste qu’une poignée de professionnels, travaillant pour des restaurateurs locaux, mais la tradition perdure.
Le Cros ne s’est jamais fondu totalement dans la ville de Cagnes-sur-Mer. En 1923, les habitants réclament même leur autonomie administrative.


« Il y avait des réunions politiques… sur des bateaux, au large, pour contourner l’interdiction du maire qui ne souhaitait pas de regroupement sur la terre ferme » sourit le président. Cet esprit frondeur survit avec la « Commune Libre du Cros », association née en 1995 pour perpétuer l’esprit village, la convivialité et l’identité locale.
Quartier populaire devenu emblématique
Dans les années 1920, le Cros est à son apogée : il est l’un des principaux ports de pêche des Alpes-Maritimes. Sa population vit d’échanges simples. « On troquait trois bottes de carottes contre un cageot de poisson. C’était une vraie convivialité, une solidarité incroyable » souligne Jean-Pierre Woignier.
Le quartier a aussi son dialecte, un mélange de nissart et d’italien, et une forte tradition religieuse, avec l’église Saint-Pierre comme symbole. Aujourd’hui encore, les habitants militent pour sanctuariser ce patrimoine.

Le musée du Cros, géré uniquement par des bénévoles, retrace cette épopée : la vie des pêcheurs, l’immigration italienne, la volonté d’indépendance, jusqu’aux anecdotes insolites comme l’existence, dans les années 1920, d’un jardin zoologique au Vespin, qui acclimatait des animaux exotiques, dont des crocodiles, avant de les revendre à de grands zoos européens !
« Tout cela fait partie de notre identité. On n’est pas juste un quartier balnéaire : le Cros est un village avec une mémoire, une âme . »




Bonjour,
J’ai connu le Cros en 1966. Ma mère aidait une dame Mme Lair pour son ménage.
Je me suis mariée dans la petite église en 1972 et ma fille y a été baptisee en 1974.
Que de souvenirs ! !,
Bonjour je suis née au Cros, je suis la petite-fille de Pascaline COZZOLINO Christiane fille de Pierrette
J’habite au Cros depuis bientôt 8 ans. Ravie d’apprendre qu’au départ les habitants étaient issus d’Ercolano. Née à Alger, mon grand père maternel est né à Er colano. Belle coïncidence.
Les grands parents ont été dans les premiers à s’être installés au Cros après avoir quitté Ercolano mon père y est né en 1915 et la famille Madonna faisait partie intégrante de la communauté tous pêcheurs
Bravo pour le souvenir
Lanteri Patrick
Bonjour Pascale,je suis le petit fils de
Madonna Augustin fils Antoinette.
Mon grand-père avait le bateau les 3 frères
. Francis,jeannot,auguste.
Tres beau souvenirs.et merci
Bonjour Patrick
je me souviens très bien de toi de ton frère et surtout d’Antoinette ta maman
Je t’embrasse
Pascale
madonnaconcept@noos.fr