À un an du scrutin municipal, la gauche niçoise s’affiche divisée. Pour l’heure, écologistes, communistes et socialistes ont décidé d’avancer de leur côté, au grand dam de La France Insoumise. Le parti de Jean-Luc Mélenchon y voit une stratégie suicidaire face à Christian Estrosi et Éric Ciotti.
Dans une ville où le duel annoncé entre le maire sortant et le député des Alpes-Maritimes pointe déjà, la gauche peine à parler d’une seule voix.
L’annonce, la semaine passée, d’une liste commune écologiste-socialiste-communiste, menée par Juliette Chesnel-Leroux, a fait bondir les Insoumis. Pour Anne-Laure Chaintron et Olivier Salerno, co-responsables LFI à Nice, cette division est un « coup de canif » qui condamne tout espoir de percée en 2026, est-il noté dans un communiqué, le 5 septembre.
« Alors qu’il y a une forte aspiration chez les Niçoises et les Niçois à voter pour une liste unique de la gauche et de l’écologie, Juliette Chesnel-Leroux, Julien Picot et Patrick Allemand s’entêtent à présenter une liste rabougrie basée sur des forces politiques qui ne représentent pas un poids électoral suffisant face au duel annoncé entre Christian Estrosi et Eric Ciotti, ainsi qu’à leur politique ultra-libérale et réactionnaire. »
Union rêvée, divisions réelles
Les Insoumis rappellent avoir multiplié les démarches pour construire un projet commun, s’appuyant sur l’exemple du Nouveau Front Populaire des dernières législatives. Une conférence de presse avait été organisée fin août pour « tendre la main » aux autres forces… Et pour imposer des conditions jugées inadmissibles.
Ainsi, dans les colonnes du Patriote, journal communiste, LFI est accusée d’avoir voulu imposer sa domination sur la liste, exigeant plusieurs places éligibles.
Ce climat délétère interroge sur la sincérité des discours d’union. Car si chacun déplore la division, tous semblent s’y résigner… voire la souhaiter ?
Dans une ville ancrée à droite depuis l’après-guerre, l’absence d’une candidature unique à gauche équivaut à une défaite programmée. Dans leur communiqué, les Insoumis n’en restent pas moins combatifs, affirmant vouloir poursuivre les initiatives « jusqu’au dépôt des listes », en début d’année prochaine. Les scores de chacun au premier tour dessineront peut-être des perspectives intéressantes pour le second.



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