C’est sous le soleil de la place Garibaldi que Nice-Presse Dimanche a rencontré Anne-Laure Chaintron et Olivier Salerno : militants de longue date auprès des mouvements sociaux et écologistes, ils viennent tout jute d’être désignés chefs de file niçois de la France insoumise en vue des élections municipales de 2026.
Alors que la campagne sera bel et bien lancée en septembre, le binôme refuse les procès en « extrémisme » et tend la main aux autres forces de gauche… à certaines conditions. Face au duel exclusif Estrosi/Ciotti qui semble se profiler, Anne-Laure Chaintron et Olivier Salerno entendant susciter une alternative de gauche, pour cette ville passée à droite depuis le mitan du siècle dernier.
Les drapeaux d’Israël ont été retirés de la mairie de Nice, sur décision de justice. C’était l’un de vos combats, pour quelle raison ?
Olivier Salerno : C’est une excellente nouvelle pour le respect du droit et de la démocratie. Ce n’est pas une simple décision du préfet mais bien une injonction du tribunal administratif, suite à une action de citoyens niçois, de collectifs locaux et d’associations telles que France-Palestine Solidarité.
Depuis des mois, nous dénonçons la complicité symbolique de la Ville avec les violations graves du droit international perpétrées par l’État israélien. Christian Estrosi avait refusé de retirer ce drapeau malgré des demandes légitimes, prolongeant une position qui, à nos yeux, était moralement et juridiquement intenable. Aujourd’hui, nous obtenons un retour à la loi, et à une certaine décence politique.
La France Insoumise (LFI) est souvent accusée d’antisémitisme, à cause des propos et des ambiguïtés de certains de ses cadres. Que répondez-vous ?
Olivier Salerno : Ces accusations sont des amalgames dangereux et infondés. Être critiques du gouvernement israélien actuel, dirigé par Benjamin Netanyahu, ne signifie en aucun cas être antisémites. Notre combat est celui du respect du droit international et des droits humains. L’antiracisme est au cœur de notre engagement.
Nous faisons clairement la différence entre la politique d’un État et une religion ou une communauté. Ceux qui font l’amalgame, c’est-à-dire associer systématiquement les Juifs du monde entier à l’État israélien, ce sont eux qui alimentent une confusion malsaine et dangereuse.

Certains Niçois craignent que les polémiques nationales de la France Insoumise puissent vous nuire localement. Vous aussi ?
Anne-Laure Chaintron : Nous observons que certains médias et adversaires politiques utilisent des déclarations isolées pour tenter de discréditer tout notre mouvement. Localement, les Niçois connaissent nos engagements concrets sur le terrain, dans les luttes sociales, écologiques et démocratiques. Nous avons toujours défendu les valeurs d’égalité et de solidarité, loin des caricatures véhiculées. Notre légitimité provient de notre action quotidienne, pas de polémiques artificielles entretenues par ceux qui cherchent à éviter le débat de fond.
Que répondez-vous à ceux qui accusent votre parti de faire du « clientélisme communautaire » ?
Anne-Laure Chaintron : Ce terme est souvent utilisé de manière insidieuse pour délégitimer nos actions dans les quartiers populaires. Nous y assumons pleinement notre travail, avec les populations qui sont les premières victimes des politiques d’exclusion.
Notre démarche est citoyenne et universelle : redonner espoir, inciter à la participation politique ceux qui s’en sont éloignés. Si défendre l’égalité sociale et lutter contre la précarité est ramené à du clientélisme, alors c’est une accusation absurde ! Nous nous adressons à toutes les Niçoises et tous les Niçois, sans distinction.

Où en êtes-vous des relations avec les autres forces de gauche (Parti socialiste, Les Écologistes, Parti communiste français)? L’union sera-t-elle vraiment possible lors des municipales ?
Olivier Salerno : Nous tendons la main à toutes les forces progressistes locales, avec l’objectif clair d’une union forte et cohérente. Les échanges sont constants et constructifs.
Cependant, cette union ne se fera pas à n’importe quel prix. Nous souhaitons une démarche claire, basée sur les résultats électoraux récents, la représentativité réelle des forces politiques et surtout un accord programmatique solide et ambitieux.
Le Parti socialiste, par exemple, ne peut revendiquer la tête de liste (Patrick Allemand a été désigné chef de file socialiste il y a quelques semaines, NDLR). Nous avons prouvé que nous savons mobiliser largement au-delà de notre base, il est donc essentiel que cette union soit équilibrée et juste.
Si vous remportiez la Mairie, quelles seraient vos premières mesures concrètes ?
Anne-Laure Chaintron : Notre première mesure forte concernera les transports, avec la mise en place rapide de la gratuité, financée notamment par une hausse de la taxe de séjour et une réorganisation budgétaire ambitieuse.
Nous engagerons aussi immédiatement un plan massif de rénovation énergétique et de construction de logements sociaux pour enfin atteindre le seuil de 25% que Nice ne respecte pas.
Enfin, nous réformerons la police municipale pour en faire une véritable police de proximité, tout en supprimant le recours aux sociétés privées, comme le groupement GAIDA. Il s’agit de sécuriser par la prévention, en donnant enfin aux policiers municipaux les moyens d’un travail apaisé et efficace.
Justement, la sécurité est un thème central à Nice. Ce n’est pas une thématique où la gauche est la plus entendue, si ?
Olivier Salerno : Contrairement à ce que martèlent nos adversaires, la gauche a toujours été capable d’aborder sérieusement les questions de sécurité. Notre vision repose avant tout sur la prévention et la proximité.
Des policiers mieux formés, en lien quotidien avec les habitants, sont la clé pour sécuriser efficacement nos quartiers. Nous refusons la course à l’armement technologique et les effets d’annonce sans lendemain. Nous agirons sur les causes profondes de l’insécurité : la pauvreté, le chômage, le mal-logement. Une ville sûre, c’est d’abord une ville juste et solidaire !










Vivement l’alternative de gauche à Nice !! Bravo et merci à eux !
Ces personnes ne recueilleront aucune voix à Nice, et fort heureusement.