Une fusillade vraisemblablement liée au narcotrafic a fait deux morts et plusieurs blessés vendredi soir aux Moulins, un quartier sensible de Nice, ont annoncé la préfecture et le parquet.

La préfecture a évoqué deux blessés graves et trois blessés légers, tandis que le parquet a mentionné une personne « très grièvement blessée ». La fusillade a eu lieu en début de soirée dans ce quartier de 8.000 habitants dans l’ouest de Nice, régulièrement marqué par des violences pour le contrôle de points de deal.

Vendredi soir, les forces de l’ordre ont sécurisé le périmètre. Le ministre démissionnaire de l’Intérieur Bruno Retailleau a annoncé que des renforts seraient mobilisés dès samedi « pour assurer le retour de la sécurité ».

La fusillade est « très vraisemblablement » liée au narcotrafic, a ajouté le procureur de Nice, Damien Martinelli, précisant qu’il communiquerait samedi, quand il aurait plus d’éléments.

Une enquête pour « homicides volontaires en bande organisée et tentatives d’homicide volontaire en bande organisée » a été ouverte et confiée à la police judiciaire des Alpes-Maritimes.

« Ceux qui ont permis cette situation à Nice doivent partir »

La bataille politique des municipales 2026 ne s’éteint pas pour autant. Ainsi, le candidat Eric Ciotti déclarait dans la soirée : « Bilan terrible aux Moulins. Face à cette spirale infernale, une énième annonce de renforts policiers qui resteront quelques jours… Avant de repartir. Ceux qui ont permis cette situation à Nice et à Paris doivent partir. » Puis : « Stop, ça suffit ! Nice ne doit pas devenir Marseille ! »

Le maire, Christian Estrosi, sur place : « Moi, je veux leur dire que je n’abandonnerai pas les habitants. Ce soir, c’est la fois de trop ».

« Nous manifesterons notre cri de colère »

« Ma colère est constante (…) J’ai toujours déclaré qu’il était inacceptable que la police nationale, voire l’armée dont j’ai réclamé à plusieurs reprises le déploiement, n’occupe pas le terrain en permanence dans un lieu où il faut juguler à tout prix le narcotrafic. Nous sommes sur un territoire qui pourrait être un territoire perdu de la République et je ne l’accepterai pas dans ma ville ».

« J’exige de l’Etat français de protéger les citoyens ici et à l’Est, qui se sentent menacés en permanence. Maintenant ça suffit de ne pas nous accorder les effectifs qui s’imposent. L’Etat et la police nationale ont la responsabilité de ce quartier et ils ne l’assument pas » La Ville ouvrira demain son centre social, où des psychologues seront présents.

Et de promettre : « je dis aux riverains qu’avec le conseil municipal, d’une manière ou d’une autre, nous manifesterons notre cri de colère dans les prochains jours. Nous irons en délégation à la préfecture. Que l’on ne nous dise pas que des renforts iront faire un petit tour aux Moulins, ça ne suffira pas. Ils repartiront et ça ne changera rien. Je partage l’exaspération de la population. Je veux des engagements précis. Que l’on nous envoie des policiers ou l’armée. »

« Ma responsabilité est de défendre mes concitoyens. Nous avons le sentiment d’être abandonnés. Il y a un profond malaise. L’Etat est allé trop loin dans son désintérêt. Ma colère est lucide mais extrêmement forte ».

En juillet 2024, sept personnes d’une même famille, dont trois enfants et un adolescents, avaient péri dans un incendie criminel visant un autre étage, sur fond de trafic de drogues.

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Reporter niçois diplômé en journalisme, Matthias Bellegarde a rejoint Nice-Presse en 2026. Expert de l'économie locale et de l'immobilier, il suit de près l'évolution des marchés et des entreprises entre Nice et Menton. Engagé pour une information transparente et vérifiée, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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