Une fusillade sans doute liée au trafic de drogue a fait deux morts et plusieurs blessés graves vendredi dans la cité sensible des Moulins, à Nice. La mairie juge que l’Etat a une forte responsabilité dans le drame qui s’est produit ce soir.
Le maire, Christian Estrosi, était sur place dès le début de la soirée. “Moi, je veux dire que je n’abandonnerai pas les habitants. Ce soir, c’est la fois de trop” a-t-il posé, extrêmement agacé, devant la presse.
“Nous manifesterons notre cri de colère”
“Ma colère est constante (…) J’ai toujours déclaré qu’il était inacceptable que la police nationale, voire l’armée dont j’ai réclamé à plusieurs reprises le déploiement, n’occupe pas le terrain en permanence dans un lieu où il faut juguler à tout prix le narcotrafic. Nous sommes sur un territoire qui pourrait être un territoire perdu de la République et je ne l’accepterai pas dans ma ville”.
“J’exige de l’Etat français de protéger les citoyens ici et à l’Est, qui se sentent menacés en permanence. Maintenant ça suffit de ne pas nous accorder les effectifs qui s’imposent. L’Etat et la police nationale ont la responsabilité de ce quartier et ils ne l’assument pas” La Ville ouvrira demain son centre social, où des psychologues seront présents.
« Le sentiment d’être abandonnés »
Et de promettre : “je dis aux riverains qu’avec le conseil municipal, d’une manière ou d’une autre, nous manifesterons notre cri de colère dans les prochains jours. Nous irons en délégation à la préfecture. Que l’on ne nous dise pas que des renforts iront faire un petit tour aux Moulins, ça ne suffira pas. Ils repartiront et ça ne changera rien. Je partage l’exaspération de la population. Je veux des engagements précis. Que l’on nous envoie des policiers ou l’armée.”
“Ma responsabilité est de défendre mes concitoyens. Nous avons le sentiment d’être abandonnés. Il y a un profond malaise. L’Etat est allé trop loin dans son désintérêt. Ma colère est lucide mais extrêmement forte”.
Une enquête pour homicides volontaires en bande organisée et tentatives d’homicide volontaire en bande organisée a été ouverte et confiée à la police judiciaire des Alpes-Maritimes. Le ministre démissionnaire de l’Intérieur Bruno Retailleau a annoncé que des renforts seraient mobilisés dès samedi “pour assurer le retour de la sécurité”.



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