Municipales 2026 - À huit jours du premier tour des municipales, Marseille s’est retrouvée au cœur des tensions de la campagne nationale. Samedi, Jean-Luc Mélenchon est venu soutenir le candidat LFI Sébastien Delogu et se poser en rempart face au RN, alors que le maire sortant Benoît Payan affronte un scrutin incertain dans la deuxième ville de France.
Dans une salle comble, les militants se pressent pour écouter l’ancien candidat à la présidentielle. À Marseille, la campagne municipale dépasse largement les frontières locales. Elle prend déjà des airs de répétition générale avant 2027.
Jean-Luc Mélenchon est venu samedi soutenir le député insoumis Sébastien Delogu, engagé dans la bataille pour la mairie. Dans une ville où les équilibres politiques restent fragiles, l’enjeu dépasse le simple scrutin municipal.
À huit jours du premier tour, prévu le 15 mars, les regards se tournent vers la cité phocéenne. Le candidat du RN Franck Allisio y est au coude-à-coude avec le maire sortant Benoît Payan, soutenu par une coalition de gauche.
La possibilité d’une victoire du parti lepéniste, même si elle reste incertaine, fait de Marseille l’une des villes les plus observées de ces élections municipales.
Notre force est dans notre nombre : nous étions 2 500 à Marseille 🔥
— La France insoumise (@FranceInsoumise) March 7, 2026
Redennons à Marseille sa fierté : levons‑nous et allons voter le 15 mars pour la liste Marseille fière et populaire, portée par Sébastien Delogu. pic.twitter.com/3u7vpLP6iw
Un meeting pour soutenir Sébastien Delogu
Dans ce contexte, Benoît Payan a appelé son rival insoumis Sébastien Delogu à se désister pour lui entre les deux tours afin d’éviter ce qu’il qualifie de « séisme » politique.
La réponse de Jean-Luc Mélenchon est tombée lors du meeting organisé pour soutenir le candidat insoumis. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune » et « ce sera grâce à nous », a lancé le leader de La France insoumise devant les militants.
Durant son discours, il a longuement attaqué le RN, ciblant notamment Jordan Bardella, venu lui aussi faire campagne à Marseille la veille.
« Tel était Pétain, tel est Bardella quand il dit ‘l’intérêt commercial et stratégique s’impose pour les États-Unis d’Amérique’ », a-t-il affirmé.
Jean-Luc Mélenchon s’en est également pris au Parti socialiste, après plusieurs semaines de tensions entre formations de gauche.
« Nous vous crions alerte, alerte ! La ligne du Parti socialiste met tout le monde en grand danger. La gauche, mais la France d’abord », qu’elle « livrerait pour finir à l’extrême droite », a-t-il expliqué.
Polémiques et tensions à gauche
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre LFI et le Parti socialiste sont particulièrement tendues.
Le PS a accusé Jean-Luc Mélenchon d’avoir tenu des « propos antisémites » après une plaisanterie sur la prononciation des patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ».
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réagi samedi dans la presse. « Qui peut croire qu’il s’agisse de lapsus quand un homme aussi cultivé se met à ironiser sur des noms juifs ? », a-t-il déclaré.
Il a également accusé le leader insoumis d’avoir franchi une ligne rouge. Par ses « outrances » et ses « mensonges », « Jean-Luc Mélenchon donne des arguments » aux adversaires de la gauche, a-t-il ajouté, dénonçant « l’inacceptable ».
Malgré ces tensions, la question d’alliances entre les deux tours reste ouverte. Si le Parti socialiste a écarté l’idée d’un accord national, des arrangements locaux restent possibles selon les résultats du premier tour.
Une campagne municipale aux enjeux nationaux
Dans plusieurs villes, ces accords pourraient se transformer en alliances de circonstance. À Toulouse, par exemple, l’union de gauche menée par François Briançon pourrait avoir besoin des voix de LFI pour espérer l’emporter.
À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a déjà tendu la main à la gauche radicale, espérant conserver la ville grâce à un rassemblement plus large.
Les Insoumis affirment vouloir le « rassemblement » s’ils arrivent en tête, même si ce scénario paraît peu probable dans la plupart des communes. Evry, La Courneuve et Roubaix figurent parmi leurs principaux espoirs.
Dans cette dernière ville, un sondage Ifop publié samedi donne le député LFI David Guiraud largement en tête avec 44% au premier tour. Roubaix, qui compte environ 98.000 habitants, pourrait devenir la plus grande commune dirigée par le parti mélenchoniste.
Le RN vise de son côté des victoires dans plusieurs dizaines de communes afin de renforcer son implantation locale. Les sondages lui donnent des raisons d’y croire, notamment à Toulon, Menton ou Carcassonne.
Jordan Bardella, favori des enquêtes d’opinion pour la présidentielle de 2027, a multiplié les déplacements de campagne ces derniers mois.
Mais la formation est également confrontée à des polémiques après que plusieurs candidats ont été épinglés pour des propos racistes ou homophobes.
Dans ce scrutin municipal très ouvert, d’autres villes concentrent l’attention. À Paris, les dynamiques de l’entre-deux-tours pourraient départager Emmanuel Grégoire et Rachida Dati.
Le scrutin est aussi crucial pour Édouard Philippe au Havre, qui a lié son avenir national à une victoire dans sa ville.
À Nice enfin, Éric Ciotti mettra à l’épreuve son Union des droites en tentant de battre son rival Christian Estrosi.
Ce qui est important
- À Marseille, la campagne municipale est devenue un symbole des tensions nationales entre la gauche et le RN.
- Les divisions entre LFI et le Parti socialiste compliquent les alliances possibles entre les deux tours.
- Plusieurs grandes villes comme Marseille, Toulon, Menton, Paris ou Nice concentrent les enjeux politiques de ces municipales.
Nice-Presse avec dépêche



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.