Municipales 2026 - Le Conseil d’Etat a confirmé le classement de La France insoumise « à l’extrême gauche » et celui de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, « à l’extrême droite » pour les municipales de 2026, après avoir été saisi par les deux formations. Dans un communiqué publié vendredi soir, la plus haute juridiction administrative estime que ces choix ne relèvent pas d’une « erreur manifeste d’appréciation ».
Dans la bataille des municipales de 2026, les étiquettes politiques resteront celles arrêtées par le ministère de l’Intérieur. Saisi par La France insoumise (LFI) et par l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, le Conseil d’Etat a confirmé leur classification respective, « à l’extrême gauche » pour la première, « à l’extrême droite » pour la seconde.
Dans un communiqué publié vendredi soir, la plus haute juridiction administrative explique sa décision en se fondant sur le contexte des municipales de 2026. « Le Conseil d’Etat juge, compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections, que ni le classement de LFI dans le bloc de clivages ‘extrême gauche’, ni celui de l’UDR dans le bloc de clivages ‘extrême droite’ ne sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation », écrit-elle.
Un classement inédit pour LFI depuis 2016
C’est la première fois que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui se définit comme de gauche radicale, est classé à l’extrême gauche depuis sa création en 2016.
Jusqu’ici, La France insoumise était classée « à gauche ». En 2024, une décision du Conseil d’Etat avait confirmé cette classification, même si le mouvement porte un programme de rupture avec le capitalisme et entretient des liens avec des partis d’extrême gauche.
Mais, pour les municipales de 2026, le ministère de l’Intérieur a changé de position. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait acté ce reclassement dans une circulaire publiée au début du mois.
Les motifs avancés par Beauvau
Le texte détaille les raisons mises en avant pour justifier cette requalification. LFI, décrit comme un mouvement connu pour sa forme radicale et son style empreint du « bruit et de la fureur » théorisé par Jean-Luc Mélenchon, est reclassé en raison de sa « remise en cause très forte de l’autorité judiciaire » et de ses « accusations systématiques » contre « la police (qui) tue ».
Ces éléments sont présentés par M. Nuñez comme des preuves d’une « évolution vers une forme de radicalité », avec « des appels à la désobéissance civile ».
Le ministre a aussi défendu le principe même du classement. « On ne truque pas les étiquettes politiques », a-t-il insisté, assumant de reclasser une organisation qui « s’éloigne un peu de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaires (et) identitaires ».
Une contestation portée jusqu’au Conseil d’Etat
Les deux formations avaient contesté la décision initiale du ministère de l’Intérieur devant le Conseil d’Etat. Le coordinateur du mouvement Manuel Bompard avait dénoncé une utilisation politique de ces catégories. Et accusé l’exécutif « d’utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation ». Tout en précisant que, de son point de vue, le classement à l’extrême gauche n’est « pas infamant ou insultant (mais) juste faux ».
Ce qui est important
- Le Conseil d’Etat valide les classifications arrêtées pour les municipales de 2026, et considère qu’elles ne relèvent pas d’une « erreur manifeste d’appréciation ».
- Pour LFI, c’est une première depuis 2016 : le mouvement est classé « à l’extrême gauche » alors qu’il était jusqu’ici rangé « à gauche », y compris après une décision du Conseil d’Etat en 2024.
- Le reclassement découle d’une circulaire de Laurent Nuñez publiée au début du mois, décision contestée par LFI, dont Manuel Bompard dénonce un outil de « stigmatisation ».
Nice-Presse avec agence










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