La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné jeudi un jeune homme à 25 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat d’un septuagénaire à Marseille. L’accusé, qui soupçonnait la victime de pédophilie, avait commis le crime avec son frère mineur en août 2023. Les jurés ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de cinq ans après sa libération.
Un appartement marseillais, une baignoire transformée en scène de crime et deux frères face à un septuagénaire. C’est dans ce décor que s’est noué l’un des dossiers criminels les plus marquants jugés ces derniers jours par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
Jeudi, les jurés ont condamné un jeune homme à 25 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat d’un homme de plus de 70 ans qu’il soupçonnait de pédophilie. L’avocat général avait requis trente ans de réclusion, évoquant « un risque de réitération ».
Les jurés ont également décidé d’une mesure de suivi socio-judiciaire pendant cinq ans après sa libération, tant la dangerosité de l’accusé a été au cœur des débats lors du procès.
Un meurtre commis dans un appartement marseillais
Les faits remontent au 10 août 2023. Ce jour-là, le jeune homme se rend au domicile de la victime à Marseille. Il est accompagné de son frère, âgé de 14 ans au moment des faits.
Trois jours plus tôt, il s’était prostitué auprès du septuagénaire via le site Coco.
À peine arrivés dans l’appartement, les deux frères attaquent la victime. Ils lui assènent de nombreux coups de couteau avant de l’égorger dans sa baignoire.
Un médecin légiste a relevé une quasi-décapitation.
Le plus jeune frère avait déjà été jugé dans ce dossier. En mai 2025, la chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’avait condamné à quinze ans de réclusion. En raison de son âge au moment des faits, il avait automatiquement bénéficié de l’excuse de minorité.
Un accusé qui « revendique son acte »
Lors du procès, la personnalité de l’accusé et sa dangerosité ont largement occupé les débats. L’avocat général a décrit un jeune homme persuadé d’agir au nom d’une forme de justice personnelle.
« Il revendique son acte », a noté l’avocat général, « se présente comme une espèce de justicier face à la décadence de la société et décide du droit de vie et de mort sur un homme qu’il soupçonne de pédophilie mais la justice se rend dans les prétoires ».
Pendant l’instruction, l’accusé avait multiplié les déclarations jugées préoccupantes. Il avait notamment évoqué son « désir de voir ce que ça faisait d’ôter la vie ».
Des enseignants avaient également signalé son obsession pour les armes. Selon les témoignages recueillis, il dessinait régulièrement des armes ou des scènes de décapitation.
Les deux frères avaient emporté le téléphone de la victime, ses clés d’appartement et de l’argent. L’accusation a cependant écarté dès le départ l’hypothèse d’un mobile crapuleux.
Une personnalité longuement examinée au procès
Au fil des audiences, plusieurs éléments liés à l’environnement familial de l’accusé ont été évoqués. Les débats ont notamment porté sur la passion des armes que lui transmettait son père depuis l’enfance et sur l’éducation décrite comme viriliste donnée aux deux frères.
Une homosexualité difficile à révéler et une forte aversion pour la pédophilie dans la culture familiale ont également été évoquées devant la cour.
Un expert-psychiatre entendu dans ce dossier a indiqué que le jeune accusé présentait un « trouble du spectre autistique se traduisant par l’isolement, un défaut d’empathie et de décodage des affects d’autrui ».
À l’issue du verdict, ses avocats se sont déclarés satisfaits de la décision rendue par les jurés.
« Les jurés ont pris la mesure de toute la complexité de ce drame, a déclaré Me Fayolle. « Ils sont allés au-delà de l’horreur du crime pour comprendre les circonstances exceptionnelles qui ont fait basculer dans l’horreur un gamin de 18 ans, jamais condamné ».
Ce qui est important
- Un jeune homme a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour l’assassinat d’un septuagénaire à Marseille.
- Le crime a été commis en août 2023 avec son frère mineur, déjà condamné en 2025 à quinze ans de réclusion.
- Les jurés ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de cinq ans après la libération du condamné.



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