Depuis plusieurs années, les échecs sont devenus très tendance, portés notamment par la série « Le Jeu de la Dame » sur Netflix. Ça n’a pas échappé aux commerçants qui trouvent une nouvelle façon d’attirer le chaland : plateau en libre accès, tournois improvisés avec le patron… Ont-ils réussi leur coup ?
Ce matin, Ryan et Clémence vont prendre le petit-déjeuner dans un nouveau café. En entrant, ils remarquent un échiquier sur leur droite, orné de doré et d’argenté. « Ah c’est super ça !» s’enthousiasme Ryan. Une fois leurs boissons chaudes en main… ils se dirigent vers les pièces convoitées. Entre deux gorgées de latte, les coups s’enchaînent. Au bout de quelques parties, Clémence est battue à plate couture. « Je n’ai aucune stratégie » soupire-t-elle en riant.
« Je ne m’attendais pas à ce succès »
« J’ai commencé à jouer en ligne, raconte Ryan, et j’ai trouvé ça très cool. Je pensais que c’était surtout réservé à des experts ». Un cliché qui a perduré, puisque ce hobby a longtemps semblé être l’apanage des plus aisés et des érudits. Mais ce jeu de stratégie s’est popularisé grâce à Internet. Depuis, les applications en ligne sont utilisées par des milliers de personnes et la mode ne s’essouffle pas.

Pour Fabien, qui gère le Country Store dans la rue du Maréchal-Joffre, l’intérêt des clients l’a surpris. Féru de la discipline depuis son plus jeune âge, il propose un plateau dès l’ouverture, en 2018.
« Les clients jouent des duels jusqu’à la fin, certains conseillent les autres pour que l’expérience plaise à tout le monde. Je ne m’attendais pas à ce succès ! J’envisage même d’en acheter un deuxième ».

« On va rester pour jouer »
De son côté, Jacob repère la tendance, pour son café Éburnie. « Je ne m’y intéressais pas du tout au début, je trouvais ça trop difficile », avoue le propriétaire.
« C’est mon fils de six ans qui m’a convaincu. On l’a inscrit dans un club mais il revenait souvent en pleurant car il perdait. Il m’a appris les règles. Juste ce qu’il faut pour que je comprenne, mais que je ne puisse pas gagner !»
« Depuis que je l’ai mis à disposition, les gens s’y ruent. D’ailleurs, c’est le tablier avec lequel mon fils m’a appris à jouer !» note le gérant.

« C’est un jeu qui demande du temps pour faire une partie complète. Mais ça reste accessible. Ça va bien avec le moment : on est simplement dans l’instant présent, le temps d’une pause ».
Le pari semble réussi : « on va sûrement rester plus longtemps, après avoir bu notre café, pour quelques sessions » acquiesce Ryan. Ça permet même de donner lieu à des échanges entre patrons et clients. « On tient à cette proximité, ça m’est déjà arrivé de les rejoindre », affirme Jacob. Tant et si bien que des tournois s’organisent désormais entre les enseignes…



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