LIRE NOTRE DOSSIER - Les espoirs du quartier Riquier

Il y a quatre ans, le kiosque s’installait sur la place Pellegrini. Depuis, il se fond parfaitement dans le décor. Pour la presse, les jouets et le café, les générations défilent devant le gérant. Il est ainsi devenu l’histoire d’un quartier dont on parle finalement assez peu.

Lire aussi – Nice. Ambiance de village mais sentiment d’insécurité, le quartier Riquier s’interroge, « on aimerait retrouver l’esprit d’avant »

À huit heures du matin, Maxime commence sa journée. Les rues sont calmes, la météo douce… Perdu dans ses pensées, il arrive sur la place et le boulot le ramène vite sur terre. « Des jeunes m’attendent déjà devant pour m’acheter leurs cartes Pokémon ! »

IMG 9648
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

Une fois son kiosque ouvert, une ribambelle de journaux et de magazines se déploie. « Il doit y en avoir 350, peut-être 400 » estime-t-il en zieutant le rayonnage. C’est la caverne d’Ali Baba : en plus des innombrables titres, on retrouve des briquets, des bonbons, des jeux pour enfants avec le petit cadeau dont on rêvait tous…

IMG 9636
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

Cette tapisserie colorée attire toujours l’oeil des passants, et beaucoup sont devenus des habitués. « Salut, comment vas-tu ? Tu as le programme télévisé de la semaine ? » lance l’un d’eux. « C’est ce qu’on vend le plus », note le patron, après en avoir encaissé une dizaine. « Je dois avoir entre cinquante et quatre-vingt personnes par jour. Surtout des personnes âgées ».

IMG 9681
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

De vendeur de bougies à gérant de kiosque : l’enfant du pays retrouve ses racines place Pellegrini

Depuis 2024, Maxime, vingt-six ans, a repris cette affaire déjà présente dans le quartier qui l’a vu grandir. Jusque-là, il ne faisait que passer devant l’échoppe pour se rendre au marché de Noël, « je vendais des bougies artisanales avec ma mère, raconte-t-il, mais ça ne rapportait pas assez ». Il revient alors ici, pour le kiosque. Sa mère n’est pas bien loin, « elle s’occupe du restaurant Pellegrini, juste à côté ».

IMG 9687
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

« Le journal ne suffit plus, j’ai ajouté plein de revues et d’objets en tout genre. L’ancien propriétaire a même installé une terrasse. Je propose les cafés, ça marche bien ! » nous explique-t-il encore. « On a également ajouté des tickets à gratter, les riverains ne voulaient pas les acheter au bar-tabac. La salle est sombre et ça boit des bières à neuf heures du mat… »

« C’est un rituel » : pourquoi les riverains voient en ce kiosque le dernier rempart du quartier

Les habitants s’attachent à ce commerce de proximité. « Depuis que le kiosque est ici, on passe bien plus souvent ! C’est une très bonne idée, sur cette place », commentent deux habitantes.

IMG 9632
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

« Pendant plusieurs semaines j’ai dû fermer, je m’étais blessé. À mon retour, beaucoup m’ont demandé des nouvelles, ils étaient ravis de me revoir » sourit Maxime. « C’est comme un village dans la ville. Pour bon nombre d’habitants, c’est un rituel. Ça leur plaît de voir qu’une enseigne demeure ».

Un sujet qui préoccupe les riverains, tant les commerces mettent la clé sous la porte par ici. « J’ai été étonné par un engouement aussi rapide. Et puis, les gens du coin sont rassurés de voir la nouvelle génération prendre la relève. Maintenant, ce kiosque doit absolument rester ».

IMG 9670
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

Café à la main, le gérant scrute le secteur, entre les arbres. « Il y a un vrai potentiel, le coin est bien orienté, lumineux ».

Et laisse son imagination déborder : « on a apporté du dynamisme, mais on peut mieux faire. Avec un petit marché d’artisans par exemple. Ça rendrait l’endroit encore plus vivant ».

Partagez cette info

Journaliste native de Nice, Célia Soddu est diplômée d'un Master en journalisme et d'une licence en Philosophie. Après des expériences marquantes au sein de Nice-Matin et de La Provence, elle rejoint Nice-Presse en 2026 et la rubrique « Nos Quartiers ». Elle se spécialise dans le reportage de proximité, couvrant les débats locaux, le tissu associatif et la vie des commerces azuréens. Sa pratique s'appuie sur une éthique rigoureuse, en tant que signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

3 Commentaires

Et les arbres magnifiquement élagués apportent un cachet des plus agréables a la place.

C’est chouette mais à moins detre du quartier,je vois pas où il est,où est-il ?
Merci Celia Soddu

La Place Pellegrini se trouve au bout la rue Scaliero et Av. de la République 😉