Attendue de longue date, l’extension de la promenade du Paillon a radicalement transformé le paysage autour de Riquier et du MAMAC depuis octobre dernier. Si de nombreux Niçois savourent déjà ce nouvel écrin de verdure, le bilan s’avère bien plus contrasté du côté des professionnels et de certains résidents.
FAITES-VOUS ENTENDRE - Nombre de Niçois applaudissent son arrivée. À Riquier, les riverains l’attendaient avec impatience depuis le calvaire des travaux qui obstruaient la rue Barla et décuplaient les embouteillages.
Il va de soi que ses tables de pique-nique et son allée lumineuse sont appréciées. « Pour promener le chien, c’est bien plus agréable », commente Laurence, à la retraite depuis dix ans.

« Ça donne plus envie de sortir quand on est entourés d’arbres plutôt que de béton. Avant (comprendre la première partie de la Coulée Verte en 2013, ndlr), j’étais obligée de prendre le tramway. Maintenant, c’est à côté de chez moi ».

« Je fais tous mes trajets à pied, raconte Laure qui habite rue Beaumont, et désormais je passe par là plutôt que sur l’avenue République. Il y a beaucoup moins de monde !»

Le projet satisfait également Sophie Joanny, présidente de l’association des commerçants. « La promenade va ramener des badauds, ceux qui n’imaginaient pas forcément flâner par ici. Ils pourront prendre à manger et faire leurs emplettes dans le coin ».
Un impact économique qui se fait encore attendre
Pourtant, ces huit nouveaux hectares n’ont pas fait vibrer tous les cœurs. « Ce n’est pas un parc qui va faire bouger un quartier » affirme un badaud sur la terrasse d’un kiosque à journaux.

Tout à côté, sur le boulevard Risso, on doute de son attractivité. « C’est pour nos clients que c’est plaisant. Dès qu’ils sortent, ils ont un joli coin pour se balader, explique un employé de l’hôtel Campanile. Mais elle n’attire pas tant que ça ».
Pour d’autres, c’est la déception. « Il y a une très légère hausse de la clientèle, concède Adam, responsable du Mister Pizza, mais pas bien davantage. On s’attendait à une explosion de la fréquentation, des groupes qui prennent leurs pepperoni et se posent dans le parc. Mais pas du tout…»

Où l’on regrette le palais Acropolis…
« En fait, il y a beaucoup d’enfants, affirme le gérant. En général, ils ont déjà mangé, et ce n’est pas notre clientèle principale, de toute façon. Donc on espère qu’avec l’arrivée de l’été, les touristes vont rattraper la saison ».

D’autres encore ronchonnent déjà du bruit. « Pourquoi avoir remis autant de jeux pour les petits ? déplore Nathalie, qui vit rue Papon, il y en avait déjà plein dans la première partie ! Ça ne sera jamais vraiment calme, comme c’était promis…»


Et malgré l’inauguration de ce poumon vert, la disparition du Palais Acropolis n’est pas toujours digérée. « Ça nous a coûté le tourisme d’affaires, estime un employé d’hôtel, on avait une grosse clientèle grâce aux congrès ».
« C’était un bâtiment historique, songe Pierre, à quoi bon l’enlever pour étendre la promenade alors qu’elle était déjà assez longue ?» Mais beaucoup tournent la page.«Il était moche, imposant, acquiesce Christine, qui vit à deux rues. Cette coulée Verte est un bien meilleur choix ».



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