C’est l’une des enseignes historiques de Nice-Est. Fut un temps bar-tabac, puis brasserie, Le Virginie s’est mué en restaurant italien. La famille Vannini gère le business depuis soixante-dix-huit ans. Bagarres d’hier, huîtres et pizzas : Baptiste, le patron, nous retrace l’histoire de quatre générations bien connues du quartier.
Avant de servir des plats, les Vannini vendaient… des cigarettes. « Ici, ça s’appelait Le Terminus. Un clin d’œil à la gare de Riquier, avec le dernier arrêt du train » explique Baptiste, le patron. Une évidence pour la famille qui a monté son entreprise juste en face, place Auguste Blanqui.
Puis le nom change. « On a pris celui d’un produit qu’on vendait », le Virginie étant un tabac originaire des Etats-Unis. L’affaire fonctionne alors si bien qu’elle est victime de son succès. « À l’époque, il y avait beaucoup d’agitation. Mes grands-parents me racontaient que les gens s’agglutinaient contre le comptoir, ça créait pas mal de bagarres ». L’ambiance s’est calmée, le meuble est toujours en place.


De la vente de tabac aux pizzas, l’étonnante mue d’une institution locale
Après ces souvenirs mouvementés, le tabac finit par baisser le rideau. Mais ce n’est pas un adieu, « on l’a revendu à quelqu’un, juste en face !». Place à la brasserie. « C’est la période qui nous a fait connaître, grâce à notre banc de fruits de mer et surtout à nos huîtres ».
En 2020, les Vannini font un constat. « Les modes de consommation ont changé, la vie devient de plus en plus chère. Les produits que l’on propose subissent l’inflation. On a voulu s’adapter au portefeuille des Niçois ».

C’est ainsi que Le Virginie se tourne vers l’Italie. « On propose beaucoup de pizzas (entre 13,50 et 19 euros) et de pâtes (entre 16 et 20 euros)». Plusieurs plats à base de viande ou de poissons sont aussi proposés. Et, à côté des cuisines, on retrouve une petite épicerie depuis quelques années.


« Maintenant, on y vend des produits du bassin méditerranéen : des pâtes fraîches italiennes, des sauces, des vins locaux ou encore des sardines portugaises ».
« Développer ce qui nous appartient »
Au comptoir se sont succédé quatre générations.«Plus jeune, je rejoignais mes parents au resto, raconte Baptiste. Je voulais les aider dans la moindre petite tâche, même pour nettoyer les verres ».
« Plus tard, j’ai travaillé dans la restauration en Amérique et en Europe… Puis j’ai fini par revenir. Je voulais développer ce qui nous appartient » soutient Baptiste. « C’est mon père qui a l’idée de se relancer avec les pizzas. À l’époque, tout le monde le traitait de fou. Ça s’achetait dans le Vieux-Nice, pas dans un quartier plus populaire ».

Sa détermination a inspiré ses enfants.«Ma sœur gère la communication. Il y a même ma femme, qui s’occupe de la décoration ».
Avec l’ouverture du Mama Shelter, Riquier change de dimension
Après avoir vu des générations défiler, Le Virginie est devenue une mémoire vivante du secteur. « C’est très commerçant. D’un côté, il y a des enseignes réputées qui sont là depuis des décennies. De l’autre, des nouvelles s’installent et bouleversent les habitudes ».
« J’ai surtout vu l’afflux de touristes depuis l’arrivée de l’hôtel Mama Shelter. Ça ramène du monde. On a formé tout le personnel pour parler anglais ».

« Ca demande à s’adapter, mais c’est bon signe. Riquier est mis en avant et charrie du monde. Ça bouge beaucoup ici, contrairement à ce que l’on croit parfois…»
La cinquième génération reprendra-t-elle le flambeau ? « Ma fille n’a que dix ans, sourit-il, mais elle vient de temps en temps. Elle veut faire les pizzas, mais pour elle, c’est encore un jeu. À voir ce qu’il en adviendra !»
En savoir +
- Le Virginie
- Ouvert tous les jours 10h00 – 15h00 / 17h30 – 22h00
- 2 place Auguste Blanqui, Nice Riquier
- Site web





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