Les boutiques familiales de Riquier cèdent peu à peu la place aux chaînes et aux fast-foods. Face à des baux commerciaux devenus insoutenables pour les indépendants, c’est tout le paysage économique du quartier qui se métamorphose. Le cabinet Grimaz livre son décryptage.
Rue Arson, l’agence est au cœur du chahut immobilier. « On a beaucoup d’activités artisanales et de commerces de proximité depuis des années par ici, raconte Nicolas Morel à Nice-Presse. Ce sont souvent des affaires de famille ».
« Mais les nouvelles générations ne les reprennent pas car ça coûte trop cher. Les enseignes de type TPE-PME disparaissent au profit des grandes chaînes. Une épicerie sur République a été remplacée par un Utile ».

« L’avenue a d’ailleurs beaucoup changé, les fast-foods s’y sont multipliés, contribuant à sa paupérisation. Il y avait un vendeur de télés en face de nous. Mais il a mis la clé sous la porte, comme beaucoup d’autres indépendants. Maintenant on commande en ligne ou dans des centres commerciaux ».
Le nouveau visage de Riquier : un changement de cap inévitable ?
« De nouvelles offres qui tentent leur chance. Un restaurant italien a été remplacé par un ‘coffee shop’ de madeleines par exemple. Ça modernise le quartier. Mais il faut réussir à durer ».
Et cela face aux loyers, toujours plus hauts et très variables. « Sur Riquier, en passant d’une rue très fréquentée à une rue calme, le prix d’un local peut varier de 15 % pour des dimensions similaires ».
Bien que l’arrivée de nouvelles devantures puisse apporter un vent d’air frais, les devantures historiques ne méritent pas forcément d’être remplacées. La Comédie, par exemple (le théâtre démoli au profit d’un aménagement résidentiel) attirait du monde.
« La file d’attente pouvait traverser la rue, raconte l’agence. Ça fragilise ceux qui luttent déjà pour se maintenir. Plusieurs restaurateurs et bars avaient parié dessus pour gonfler leur chiffre ».
Les grandes surfaces du secteur elles aussi frappées par la crise immobilière

Les « petits » ne seraient pas les seules victimes de l’immobilier dans le secteur. « Depuis une dizaine d’années, la galerie TNL attire moins. L’offre commence à vieillir. On voit plus de professionnels la quitter que s’y installer » explique encore le cabinet Grimaz.
« Les loyers sont très, très chers. Ils ne paient pas que le local, mais aussi le coût de l’énergie, les frais pour faire tenir le centre, la promotion…».
L’agence estime toutefois que Riquier a de l’avenir. « Les magasins changent beaucoup mais le quartier garde une activité très diversifiée. C’est ça qui attire davantage de monde. Plusieurs commerces pourraient tirer leur épingle du jeu, comme une enseigne de décoration de bateaux, avec le Port à côté. Ou encore des garages, grâce aux axes très passants et des hôtels branchés, avec l’afflux de touristes…»





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