Après de récents témoignages de plusieurs agentes pointant des attitudes misogynes au sein de la régie Lignes d’Azur, sa directrice générale Julie Réti détaille la feuille de route de l’entreprise pour protéger ses équipes et les usagers. Avec des dispositifs alliant prévention et sanctions.
Des témoignages sur le sexisme qui interpellent fortement. Le 25 mars dernier, Nice-Presse tendait le micro à ces femmes de Lignes d’Azur qui racontent insultes et humiliations, derrière le volant ou à l’atelier. La régie métropolitaine des transports publics nous avait ouvert ses portes pour la réalisation de ces reportages, et sa directrice générale avait demandé de s’exprimer dans la foulée. 5 questions à Julie Réti.
Nice-Presse - Avez-vous été surprise par ces témoignages, dont certains ont vraiment de quoi choquer ?
Julie Réti : Les transports publics reflètent par essence les grandes difficultés de la société. 1 700 salariés, c’est une vraie petite communauté humaine. Il y a 17 % de femmes pour la totalité des effectifs de Lignes d’Azur, alors oui, il subsiste des archaïsmes.
Les choses évoluent chez RLA. Le comité exécutif et celui de direction sont désormais paritaires. Je travaille depuis 20 ans dans le secteur, ce sont des sujets que nous connaissons et que nous prenons évidemment à bras-le-corps. J’ai moi-même signalé un cadre qui avait tenu des propos inadmissibles, qui ont d’ailleurs entraîné un blâme.

Y a-t-il un sujet de sexisme ou de misogynie en particulier chez Lignes d’Azur ?
Notre sujet est de contrer les dérives, lesquelles concernent toutes les minorités. Nous avons la mission de protéger les plus faibles. Chez RLA, nous soutenons les victimes, les femmes et les hommes. Bien sûr, il subsiste des codes machistes ou « ancienne école ». Une brutalité, une agressivité dans des habitudes. Ces attitudes ne heurtent pas que les femmes ! J’y oppose un discours de sobriété.
Qu’avez-vous concrètement lancé en interne ?
900 de nos salariés ont déjà pu suivre nos ateliers de sensibilisation, et nous continuerons, pour que l’ensemble des équipes aient pu être concernées. Nous avons travaillé par groupes, pour rappeler le cadre de la loi, les règlements de l’entreprise, etc. C’est quelque chose d’assez long à mener, mais cela reste absolument nécessaire.
Nous sommes parfois étonnés des réactions, mais c’est très sain de dialoguer. Par exemple, les femmes n’ont pas la même place dans toutes les cultures, notre rôle est de défendre les principes de la République et de la laïcité. Chacun est là pour faire société, pour adopter notre organisation inclusive, sans braquer. Je suis très satisfaite de ce processus.

Et dans les bus et tramways, pour ce qui concerne les usagers ?
Nous appliquons le principe de la « tolérance zéro ». La violence dans les transports est inacceptable, peu importe les formes qu’elle peut prendre. En prévention, nous avons déjà mené plusieurs campagnes. Et, malheureusement quand des faits se produisent, nous sommes mobilisés auprès des personnels, avec un accompagnement psy, juridique et une constitution en tant que partie civile qui est systématique.
Qu’avez-vous en tête pour les prochains mois ?
La nouvelle présidence de Lignes d’Azur (assurée depuis la semaine dernière par Bertrand Gasiglia, NDLR) rendra ses arbitrages, mais nous avons plusieurs idées qui peuvent être développées. Je pense à un signalement géolocalisé, par stations, contre d’éventuelles agressions, grâce à une application. Le fléchage de « lieux sûrs » pour l’accueil des victimes peut aussi être renforcé.
— Interview réalisée en avril 2026





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