Le dossier Geneviève Legay revient devant la justice ce mercredi 25 février à Lyon. Le commissaire Rabah Souchi, déjà condamné en 2024 après la charge policière survenue lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Nice en 2019, est rejugé en appel.
À 80 ans, malgré une santé fragile, Geneviève Legay a prévu de faire le déplacement depuis Nice pour assister à l’audience. Autour d’elle, des militants d’Attac annoncent un rassemblement devant la cour d’appel à l’ouverture des débats.
Un nouveau procès en appel à Lyon
Sept ans après les faits survenus dans le centre de Nice, l’affaire revient devant la cour d’appel de Lyon. Le 23 mars 2019, Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans et porte-parole départementale d’Attac, participait à une manifestation de « gilets jaunes » non autorisée.
La scène avait marqué bien au-delà de la Côte d’Azur. Les images montraient cette femme aux cheveux gris entourée de policiers, d’abord debout avec un drapeau arc-en-ciel, puis inanimée au sol après la charge.
Le dossier avait aussi provoqué de vives réactions autour de la gestion de l’affaire, entre les tentatives des autorités de disculper la police et les propos du président Emmanuel Macron, qui avait souhaité « une forme de sagesse » à la septuagénaire.
Ce mercredi, Geneviève Legay a prévu d’assister au procès. Elle confie à l’AFP : « Je suis une femme debout, je reste combattante ».
La condamnation en 2024 contestée en appel
En mars 2024, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis pour « complicité de violence par une personne dépositaire de l’autorité publique ».
Le tribunal avait suivi les réquisitions du procureur. Celui-ci estimait que l’ordre de charger les manifestants « n’était pas justifié ni proportionné ni nécessaire » au regard du contexte retenu à l’audience.
Lors du procès, Rabah Souchi avait défendu sa décision. Il avait assuré que la charge était « la tactique la plus efficace ce jour-là » pour répondre à l’objectif de dispersion fixé par le préfet.
Le commissaire avait aussi mis en cause le policier ayant bousculé Geneviève Legay, l’accusant de s’être « détaché de l’action collective ».
Rabah Souchi occupe aujourd’hui les fonctions de directeur adjoint de la police municipale de Nice, poste qu’il exerce depuis deux ans.
Séquelles durables
Geneviève Legay avait été grièvement blessée lors de la charge. La victime a subi plusieurs fractures, notamment au crâne, et était restée hospitalisée pendant deux mois.
Elle conserve des séquelles. Une perte de l’odorat, une ouïe et un goût perturbés, 45 séances de kiné pour retrouver un peu d’équilibre, ainsi qu’un long suivi psychologique.
En mai 2024, dans une procédure distincte, le tribunal administratif de Nice avait reconnu l’État responsable à 80 % des blessures, jugeant qu’elles résultaient « directement d’une mesure prise par l’autorité publique ».
La juridiction administrative avait toutefois retenu une part de responsabilité de Geneviève Legay, à hauteur de 20 %, en considérant qu’elle avait « fait preuve d’une imprudence délibérée ».
À l’ouverture de ce nouveau procès en appel, des militants de l’association altermondialiste Attac doivent se rassembler devant la cour d’appel de Lyon.
Ce qui est important
- Le commissaire Rabah Souchi, condamné en 2024 pour la charge ayant grièvement blessé Geneviève Legay à Nice en 2019, est rejugé en appel ce mercredi à Lyon.
- Geneviève Legay, 80 ans, annonce sa présence à l’audience malgré une santé fragile, tandis que des militants d’Attac prévoient un rassemblement devant le tribunal.
- L’affaire a déjà donné lieu à une décision administrative à Nice en 2024, avec une responsabilité de l’État retenue à 80 % pour les blessures subies.










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