À quelques jours de l’ouverture du sommet de l’ONU sur l’océan à Nice, plus de 2.000 chercheurs se sont réunis pour un congrès scientifique international destiné à éclairer les décisions politiques grâce aux données les plus récentes.
Le congrès scientifique, lancé mardi à Nice, précède le sommet des Nations unies sur l’océan prévu du 9 au 13 juin. Il vise à dresser un état des lieux des connaissances et à formuler des solutions concrètes aux enjeux maritimes. Organisé par le CNRS et l’Ifremer, cet événement rassemble plus de 2.000 chercheurs venus du monde entier.
« Les enjeux sont grands. L’océan est un support vital pour la planète », a rappelé Antoine Petit, président du CNRS, lors de son discours inaugural. L’objectif affiché est de fournir aux chefs d’État, décideurs et participants du sommet des Nations unies une base scientifique solide, capable de guider les choix politiques à venir.
Une mobilisation scientifique malgré un contexte morose
Durant quatre jours, les participants échangent sur les risques pesant sur l’océan, les trajectoires possibles et les solutions à envisager. Bien que l’ambiance soit propice aux retrouvailles entre chercheurs, le climat général reste préoccupant, tant pour l’environnement marin que pour la recherche internationale elle-même.
À Nice, la Méditerranée fait partie de notre identité.
— Christian Estrosi (@cestrosi) June 3, 2025
En tant que maire et avec d’autres élus locaux, je suis absolument déterminé à faire ma part pour guérir l’Océan.
Il y a un multilatéralisme des territoires, entre acteurs de première ligne, à faire émerger.
Dès samedi,… pic.twitter.com/hM6091lBx2
« De grands programmes de coopération scientifique sont aujourd’hui fragilisés et n’ont plus de financements suffisants », a reconnu Philippe Baptiste, ministre français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il a pointé du doigt les coupes budgétaires survenues aux États-Unis sous l’administration Trump, qui affectent les grandes agences américaines autrefois reconnues mondialement.
Cette situation a notamment entraîné l’absence remarquée de Sarah Cooley, spécialiste de l’acidification des océans et ancienne responsable au sein de la NOAA, licenciée récemment. Si certains chercheurs américains ont tout de même pu faire le déplacement, aucune délégation officielle des États-Unis n’est pour l’instant annoncée pour le sommet.
Face aux menaces, l’appel à l’action des scientifiques
Malgré les tensions géopolitiques et les restrictions budgétaires, la communauté scientifique entend faire entendre sa voix. « Les pressions environnementales ne s’arrêtent pas, les cycles politiques évoluent et nous pouvons tout perdre et plus encore. Cependant, des espaces comme celui-ci, où la science a une voix, nous donnent de l’espoir », a déclaré Alejandra Villalobos-Madrigal, directrice de l’ONG Faico, engagée dans la préservation des écosystèmes au Costa Rica.
Elle a salué les avancées scientifiques récentes dans la compréhension des océans : cartographie des fonds marins, modélisation des courants, suivi des espèces migratrices ou encore identification de seuils de basculement écologique. Mais elle a lancé un avertissement clair : « Il ne suffit pas de savoir. Nous avons besoin que ce savoir inspire les politiques publiques et transforme les modèles économiques ».
Des conclusions remises directement au président Macron
Les conclusions des échanges, synthétisées par les organisateurs, seront remises jeudi au président Emmanuel Macron. Ce document servira de base pour nourrir les discussions lors de l’ouverture officielle du sommet de l’ONU sur l’océan, prévue dimanche à Nice. L’enjeu est d’intégrer la parole scientifique dans les grandes décisions internationales en faveur de la préservation des mers.
Avec AFP





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