À l’approche du sommet de l’ONU sur l’océan, Nice mobilise scientifiques, journalistes, influenceurs et présentateurs météo pour alerter le grand public sur les enjeux climatiques.
Depuis le début de la semaine, le palais des expositions de Nice s’est transformé en une immense baleine bleue, destinée à immerger les visiteurs dans l’univers marin. « Un miroir pour le grand public de ce qui va se passer sur le port », explique Ashok Adicéam, responsable du projet. L’entrée se fait à travers une vague géante, et l’intérieur accueille une quinzaine de pavillons mêlant connaissances scientifiques et approches poétiques.
On y trouve des expériences immersives sur les grands fonds, une visite sensorielle des banquises, ou encore une projection à 360 degrés sur les pêches traditionnelles de l’île de Palau. Mais l’attraction phare est sans doute le jumeau numérique de l’océan, développé par l’organisation Mercator, avec ses écrans de contrôle simulant en temps réel l’état des mers du monde entier.
Les présentateurs météo formés à l’océanographie
Vendredi, une centaine de présentateurs météo venus de pays aussi divers que la Suède, les Maldives ou les États-Unis ont participé à une journée de formation autour de cet outil numérique. Objectif : mieux comprendre les phénomènes océaniques, notamment les cyclones, et intégrer ces données dans leurs bulletins quotidiens.
🌍 Ouverture du Climate Media Workshop à Nice, en présence de Pierre Bahurel et Jean Jouzel. Une édition consacrée aux liens entre météo, climat et océan, à La Baleine.
— Ville de Nice (@VilledeNice) June 6, 2025
🌀 Un rendez-vous stratégique dans le cadre de l’#UNOC3.#ILoveNice pic.twitter.com/GQUBXwZTFY
Réunis chaque année dans le cadre du Forum international de la météo et du climat, ces professionnels sont conscients de leur rôle stratégique. « On est proches des gens », explique Myriam Seurat, qui présente la météo sur France Télévisions depuis 20 ans. « Avant, les phénomènes extrêmes étaient rares. Maintenant, ils sont récurrents, et toujours plus intenses. On ne peut plus échapper au climat ».
Parler de climat sans diviser le public
Aux États-Unis, le sujet reste sensible, comme en témoigne Paul Gross, météorologue à la retraite venu de Detroit. Il évoque des collègues menacés pour avoir évoqué le changement climatique à l’antenne. « Je ne donne jamais d’opinion. Je présente des faits, c’est tout », insiste-t-il.
Myriam Seurat abonde : « La science n’est pas une opinion. Je me mets à la hauteur des gens, j’essaie de leur apporter des outils de compréhension ». Son bulletin météo est désormais un « journal météo climat », qui mêle analyse et pédagogie. Paul Gross, de son côté, continue de vulgariser sur ses réseaux sociaux, malgré sa retraite.
Des jeunes binômes pour toucher les réseaux sociaux
Pour élargir encore la portée du message, les organisateurs du congrès scientifique ont fait appel à des binômes composés de jeunes experts en climat et d’étudiants en journalisme. Ensemble, ils produisent chaque jour des contenus en neuf langues, diffusés sur les réseaux les plus utilisés dans leurs pays respectifs.
Noémie Coulon, postdoctorante en écologie marine à Montpellier, fait équipe avec Alexandre Simoes, étudiant au Celsa. Ils documentent le congrès sur LinkedIn et Instagram, visant le public des 18-34 ans. « Mon métier de scientifique ne s’arrête pas à mon labo. Il faut aussi faire passer le message », explique Noémie Coulon. « Ce sont les citoyens qui prendront les décisions ».
Un sommet pour reconnecter science et société
Avec plus de 2.000 chercheurs réunis cette semaine à Nice, le congrès précède le sommet de l’ONU qui s’ouvrira lundi. Il pose les bases d’une nouvelle alliance entre science, communication et engagement citoyen. Loin des discours technocratiques, l’objectif est clair : mettre le savoir à portée de tous pour favoriser une prise de conscience globale.
Avec AFP







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