Face à l’effondrement alarmant des populations de requins et de raies, une coalition internationale d’une quinzaine de pays a été lancée à Nice pour tenter de sauver ces espèces essentielles aux écosystèmes marins.
Mercredi, en marge du sommet de l’ONU pour l’océan, ONG et organismes internationaux ont officialisé à Nice la création d’une alliance inédite. Objectif : enrayer l’extinction des requins et des raies, deux espèces clés de la biodiversité marine dont la survie est gravement menacée.
Selon une étude publiée fin 2024 dans la revue Science, les populations de requins et de raies ont chuté de 50 % depuis 1970. Sur les quelque 1.200 espèces recensées, 37,5 % sont aujourd’hui classées comme menacées d’extinction.
Parmi elles, l’ange de mer, un requin aux allures de raie, autrefois emblématique des eaux niçoises au point d’avoir inspiré le nom de la Baie des Anges. Il a quasiment disparu de Méditerranée.
Surpêche et climat : des menaces multiples sur les grands prédateurs
Leur déclin s’explique par plusieurs facteurs. Le réchauffement climatique modifie leurs habitats, mais c’est surtout la surpêche qui leur porte un coup fatal. Recherchés pour leurs ailerons, dans le cas des requins, ou capturés accidentellement dans les filets, ces animaux paient un lourd tribut aux activités humaines.
Et pourtant, ils jouent un rôle capital dans la régulation des écosystèmes marins, où ils évoluent depuis plus de 400 millions d’années. « Leur survie est une question de sécurité alimentaire mondiale », a martelé Arlette Soudan-Nonault, ministre de l’Environnement du Congo, lors de la présentation de la coalition.
Un enjeu écologique, économique et spirituel
Outre leur importance écologique, requins et raies peuvent aussi constituer un levier économique pour certains pays. « Aux Maldives, les activités de plongée au milieu des requins génèrent à elles seules 15 millions de dollars par an », a souligné Thoriq Ibrahim, ministre du Tourisme et de l’Environnement de l’archipel.
La navigatrice Isabelle Autissier, présidente d’honneur de WWF-France, a pour sa part rappelé la place particulière qu’occupent ces espèces dans la culture des peuples côtiers. « Il y a une émotion intense quand une raie manta vient danser sous le bateau ou quand un requin surgit avec une impression de force et de sérénité », a-t-elle confié.
Une coalition pour coordonner les efforts internationaux
La coalition entend protéger les habitats-clés en déployant des plans de gestion spécifiques dans les aires marines protégées. Elle vise aussi à renforcer la lutte contre le commerce illégal, notamment celui des ailerons de requins, et à instaurer une coordination à l’échelle intergouvernementale.
Cette mobilisation marque une étape importante dans la reconnaissance du rôle vital des requins et des raies pour les océans, la sécurité alimentaire mondiale et le patrimoine naturel commun.
Avec AFP









Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.