L'ancien président de la République (2007-​2012) a seulement critiqué dans l'alliance entre les LR et le RN la décision d'Eric Ciotti de ne pas consulter direc­tement les militants avant de trancher. L'ex-chef d'Etat regrette le fait que son ancien parti pourrait perdre en influence, sans attaquer pour autant le Rassemblement national. 

Nicolas Sarkozy ne semble pas réellement condamner l'alliance entre la droite républi­caine et Marine Le Pen. Dans un entretien accordé au Journal du dimanche publié ce 16 juin, il estime qu'Eric Ciotti "aurait dû soumettre aux instances dirigeantes de son parti sa conviction de la nécessité d'une alliance avec le RN et proposer aux adhérents de se prononcer par vote électro­nique dans un court délai".

"La question aurait alors été tranchée calmement et de façon incon­tes­table. Il n'y aurait pas eu un déni de démocratie" estime l'ancien président.

Ce n'est pas, visiblement, une question de valeurs qui le gênerait dans l'affaire, mais plutôt de stratégie politique. Cet accord électoral serait ainsi "d'autant plus inopportun quand la droite républi­caine est si faible car il s'agit alors d'une absorption". "Etre le supplétif du RN n'est pas une ambition mais un constat de renoncement."

Bardella, "talentueux" mais "sans expérience"

Des décla­ra­tions qui ne l'empêchent pas de critiquer Jordan Bardella, non pas sur son programme, mais sur ses compé­tences : "s'allier au Rassemblement national aujourd'hui consiste à se mettre dans les roues d'un jeune homme de 28 ans qui, s'il réussit, ne vous laissera pas la place, et s'il échoue, vous emportera avec lui. (Il) n'a jamais été en situation de gérer quoi que ce soit".

Il a toutefois, dans le même entretien, reconnu à Jordan Bardella "du talent" et trouvé que le RN "a fait un travail sur lui-​même qui est indéniable".

Nicolas Sarkozy prend ses distances avec Emmanuel Macron, estimant que sa décision de dissoudre l'Assemblée repré­sente "un risque majeur pour le pays comme pour le président". "Pour le pays, déjà fracturé, parce que cela peut le plonger dans un chaos dont il aura les plus grandes diffi­cultés à sortir. Et pour le président, à qui il restait trois ans de mandat, et dont j'aurais préféré qu'il les utilisât pour accomplir ce que les Français souhaitent."

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