L’ex-courtier indépendant varois Fabrice D, que beaucoup surnommaient « le Madoff du Var », a écopé jeudi d’une peine de deux ans et demi de prison pour une vaste escroquerie évaluée à 33 millions d’euros, dans laquelle il promettait des rendements extraordinaires à quelque 800 investisseurs.
Âgé de 59 ans, le prévenu ayant déjà passé un an en détention provisoire sous assignation à résidence et sous surveillance électronique, le reste de la peine, soit environ dix-huit mois d’emprisonnement ferme, sera purgé sous bracelet électronique, a précisé le juge Pascal Gand.
Fabrice D était jugé à Marseille dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), la procédure dite de plaider-coupable.
Reconnu coupable de cinq infractions – escroquerie, blanchiment, abus de biens sociaux, faux et usage irrégulier d’une marque – il se voit également infliger une amende de 150.000 euros, une interdiction définitive d’exercer le courtage financier et bancaire ainsi qu’une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans.
La juridiction a en outre ordonné la confiscation d’environ 4,8 millions d’euros présents sur ses comptes, d’un véhicule de luxe et d’un chalet situé à Vars (Hautes-Alpes), acquis 620.000 euros en 2009.
Escroquerie financière et système de Ponzi entre Var, Nice et investisseurs floués
L’affaire avait été révélée en 2012 à la suite de plusieurs signalements, notamment ceux de l’Autorité des marchés financiers et de la Société Générale, dont la marque était utilisée sans autorisation par Fabrice D.
Dès son arrestation, il avait reconnu avoir mis en place un système de Ponzi. À la tête de quatre agences dans le Var et d’une à Nice, il proposait des placements annoncés comme rapportant 8%, voire 30%, en s’appuyant sur de multiples faux documents pour donner l’illusion de la solidité de ses sociétés.
En réalité, les investissements promis n’étaient pas réalisés et les sommes versées par certains clients servaient à en rembourser d’autres. Fabrice D avait également détourné une partie des fonds à des fins personnelles, notamment pour des achats immobiliers en Floride.
Au pic de son activité, il gérait jusqu’à 1.200 mandats de gestion, représentant environ 600 épargnants.
Un ancien salarié avait décrit le rôle qu’il jouait au sein de son réseau en expliquant qu’ « Il était une sorte de gourou ayant réponse à tout ».
De prétendus accords avec la Société Générale Asset Managment et un partenariat avec Boursorama se sont révélés entièrement imaginaires. Le prévenu a admis avoir utilisé de faux documents laissant croire que la Société Générale avait accordé une garantie aux clients de ses sociétés.
Soucieuse de préserver son image, la banque, partie civile au procès, avait signé 804 protocoles d’indemnisation avec les investisseurs lésés par Fabrice D, pour un montant compris entre 22 et 29 millions d’euros. Afin de récupérer ces sommes, l’établissement s’est ensuite retourné contre lui dans le cadre d’une procédure civile récursoire toujours en cours à Lyon.
Dans le dossier instruit à Marseille, quelque 820 personnes se sont constituées partie civile, la plupart ne revendiquant plus, après les accords conclus avec la banque, qu’un préjudice moral.
Pour examiner ces demandes, trois audiences dites « sur intérêts civils » ont été programmées aux 10 mars, 15 juin et 14 septembre 2026.
Affaibli par la maladie et se déplaçant avec une canne, Fabrice D, qui affirme avoir trompé tout le monde, y compris ses propres commerciaux, a déclaré jeudi « pardon à toutes les victimes ».
- Ce qu’il faut retenir : Fabrice D, surnommé « le Madoff du Var », a été condamné à deux ans et demi de prison, dont un reliquat aménagé sous bracelet électronique, pour une escroquerie de grande ampleur reposant sur un système de Ponzi. La Société Générale a déjà indemnisé une partie des épargnants floués et poursuit l’ex-courtier en justice pour récupérer ces montants. Des centaines de victimes se sont constituées partie civile et des audiences dédiées aux intérêts civils sont prévues en 2026.
Avec AFP



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