Les magistrats marseillais ont investi la mairie, la préfecture et les locaux de la police de Nice lundi et mardi. Ces fouilles inédites relancent le dossier de la sécurité sur la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet 2016. Les familles des victimes attendent des réponses sur des failles présumées du dispositif de protection.
Lundi et mardi, les enquêteurs ont pénétré au sein de la préfecture, de l’hôtel de ville et des quartiers généraux de la police nationale et municipale. Ces opérations de recherche marquent une étape judiciaire majeure. C’est la première fois que des investigations de cette nature éclatent au grand jour depuis le transfert du dossier.
Des investigations d’ampleur sur le terrain
Début 2024, l’affaire a en effet quitté les juridictions azuréennes pour rejoindre un pôle spécialisé installé à Marseille. Le parquet phocéen a confirmé ce vaste déploiement dans la région.
Trois juges d’instruction du pôle accidents collectifs ont fait le déplacement jusque dans la baie des Anges. Le parquet de Marseille était lui-même physiquement représenté lors de ces deux journées d’investigation.
L’organisation du feu d’artifice scrutée
L’information judiciaire actuellement en cours analyse les responsabilités autour des festivités de l’été 2016. Les qualifications pénales retenues par les magistrats s’avèrent lourdes.
Les recherches portent sur des faits d’homicides involontaires, de blessures involontaires, de mise en danger d’autrui et de faux en écriture publique. Les parties civiles considèrent que le dispositif de protection déployé ce soir-là présentait de très graves insuffisances.
De nombreuses victimes réclament depuis de longues années la tenue d’un procès. Elles souhaitent voir les responsables de la sécurisation de l’événement s’expliquer face à la justice.
Le scénario dramatique de cette soirée reste figé dans toutes les mémoires. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait foncé dans la foule massée sur la chaussée au volant d’un camion de 19 tonnes.
L’attaque du terroriste tunisien a laissé un très lourd bilan sur l’asphalte. Quatre-vingt-six personnes ont perdu la vie et plus de quatre cents badauds ont été blessés avant que l’assaillant ne soit abattu par les forces de l’ordre.
Quatre décideurs visés
Les enquêteurs remontent désormais la chaîne de décision de l’époque. Dans le cadre de cette instruction, la justice a placé quatre décideurs sous le statut de témoin assisté.
Adolphe Colrat, le représentant de l’État dans le département lors des faits, figure parmi eux. François-Xavier Lauch, son directeur de cabinet d’alors, a également reçu cette notification officielle.
La sphère politique locale se retrouve tout autant concernée par cette procédure. L’ancien maire Christian Estrosi (Horizons) est ciblé en sa qualité de premier adjoint chargé de la sécurité au moment du drame. Son propre ancien premier adjoint partage la même situation juridique. Ce dernier le remplaçait à l’époque à la mairie en raison d’un cumul de mandats.
Le volet pénal consacré aux complices directs de l’auteur des faits s’est déjà achevé. La cour d’assises spéciale de Paris a rendu ses verdicts au cours de l’année 2022. Huit individus ont écopé de condamnations allant de deux à dix-huit ans d’emprisonnement. La justice a définitivement validé ces peines en 2024, à l’issue d’un nouveau procès concernant les deux accusés ayant fait appel.
Nice-Presse avec dépêche





Trop tard ! Quelle tristesse.