Mardi, l’ancien adjoint aux finances du maire LR Yves Juhel, Mathieu Messina, a raconté à la barre comment il est devenu PDG de la Société publique locale (SPL) des ports en 2023, sur fond de rivalités internes et d’enquête pour délinquance financière. Menton-Presse vous résume tout.
Personnage central dans ce dossier de probable détournements de fonds publics, Mathieu Messina comparaît jusqu’à vendredi aux côtés de son ex-mentor, le maire Yves Juhel (LR). Âgé de 80 ans, ce dernier ne se représente pas aux municipales de mi-mars, un scrutin où la députée RN Alexandra Masson est donnée favorite face à une droite divisée.
Deux anciens adjoints de M. Juhel, Sandra Paire et Florent Champion, conduisent chacun une liste. De son côté, le sortant a apporté son soutien à Louis Sarkozy, fils de l’ancien président, qui fait ses premiers pas en politique avec l’appui de LR et Renaissance.
Au tribunal, le président a rappelé le climat de lutte interne à droite à Menton. Après le décès de Jean-Claude Guibal, qui avait dirigé la commune pendant trois décennies, Yves Juhel était devenu maire en 2021. Le conseil municipal l’avait alors élu, soutenu par Christian Estrosi, contre Sandra Paire, également LR mais proche d’Éric Ciotti. Une démission avait ensuite contraint M. Juhel à passer par une élection en 2023.

De 11e adjoint à patron de la SPL des ports
Dans ce contexte, Mathieu Messina a décrit une ascension politique rapide, passant de 11e adjoint sous l’ère Guibal à 3e adjoint en charge des finances auprès de M. Juhel. À la barre, il a présenté cette période comme une phase de confrontation avec la gestion passée : « La commande politique » du maire était « de faire mal à la gestion passée », a-t-il assuré.
Sous les questions du président, le quadragénaire a expliqué qu’une des premières cibles avait été l’ex-directrice de la SPL des ports de Menton, Céline Giudicelli. L’ex-belle-fille de Jean-Claude Guibal, condamnée à 18 mois de prison avec sursis en avril dans un premier dossier de détournement, a été licenciée.
Mathieu Messina est ensuite devenu directeur général de la SPL, une fonction qu’il a rapidement cumulée avec celle de président. Il a indiqué avoir dû abandonner son mandat électif et être « sans rémunération », avant de décider de se payer en frais, selon ses explications devant le tribunal.

870 000 euros de dépenses en cause, des poursuites en série
L’enquête évoque, entre mai 2022 et septembre 2023, 870.000 euros qui auraient été dépensés notamment en voyages, locations de véhicules ou frais de bouche, avec des exemples cités à l’audience : caviar, truffes, champagne. Mathieu Messina, lui, ne reconnaît que 500.00 euros.
Le président a aussi interrogé l’ancien élu sur plusieurs sociétés familiales, notamment dans l’immobilier en Corse et sur le continent, accusées de facturations frauduleuses à hauteur de 192.000 euros. Il a également relevé que Mathieu Messina possédait un restaurant à Ajaccio avec le frère de Mickael Ettori, présenté comme un pilier de la bande criminelle corse du « Petit bar », interpellé en décembre.
Autre élément rappelé à l’audience : en tant qu’ancien président du Gazélec Ajaccio, Mathieu Messina a écopé pour blanchiment de deux ans de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité, a souligné le magistrat. Il a fait appel.
L’affaire avait éclaté après plusieurs dénonciations au parquet de Nice, dont celle, à l’été 2023, du directeur général des services de la ville, qui pointait d’importantes dépenses au préjudice de la société des ports. Reconnu lanceur d’alerte, ce dernier comparaît toutefois pour complicité de détournements de fonds publics.
Le parquet de Nice s’était dessaisi au profit de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, compétente en matière de délinquance financière. Onze personnes, en majorité des proches de Mathieu Messina, ont été poursuivies. Quatre ont déjà été condamnées dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance de culpabilité, une forme de « plaider-coupable » à la française.
Mercredi, Yves Juhel devra à son tour s’expliquer, notamment sur des sommes détournées qui auraient permis de rembourser des frais de communication de campagne, dont un détournement de 4.500 euros au détriment de la commune.
Nice-Presse avec agence
Ce qui est important
- Le procès se déroule à Marseille et vise des soupçons de détournements autour des ports de Menton, avec 870.000 euros de dépenses en cause selon l’enquête (et 500.00 euros reconnus par Mathieu Messina).
- L’affaire pèse sur la vie locale à l’approche des municipales de mi-mars, dans une droite divisée face à une députée RN donnée favorite.
- La procédure est suivie par la juridiction spécialisée de Marseille : onze personnes sont poursuivies, et quatre ont déjà été condamnées via une reconnaissance de culpabilité.










Dire qu’il reconnait 500 euros de frais ? C’est peu pour un mandat. Les 870 mille, ce n’est pas pour lui, les vendeurs de Champagne connaissent lui, ils ne sont pas lui. Connaitre n’est pas être. Vous allez dire qu’il prenait des Champagnes à 5X euros, que c’était un X au prix du supermarché, 2X pour celui qui a vu, 2X dans un compte que je connais ? Non ce n’est pas cela, ne diffamez pas, les Champagnes sont à cout époustouflants.