Plusieurs parents et grands-parents d’élèves niçois se disent préoccupés par un mauvais climat dans les lycées, avec de plus en plus de bagarres et des objets dangereux parfois découverts. Des fouilles des sacs sont réclamées, sans oublier des contrôles accrus devant les établissements, désormais presque tous concernés par le trafic de drogue.
C’est un quartier cossu par endroits, lové contre les collines niçoises. Le secteur du Parc Impérial ne connaît pas de problématiques intenses, comparé à ce que l’on peut vivre dans les quartiers centraux des grandes villes. Ce qui ne veut pas dire que des inquiétudes tenaces ne traversent pas les riverains.
Mardi 20 mai, la municipalité conviait les riverains à un échange sur leur qualité de vie depuis la très vaste Cité mixte. C’est la violence des jeunes, surtout dans les lycées, qui est alors abordée en tout premier.
« Il y a de plus en plus de bagarres dans les établissements, mais aussi aux abords » entame une femme. « De même, les conseils de discipline se sont multipliés. Et ce qui ne nous rassure pas, c’est l’absence de contrôle des sacs ».
Dans un autre lycée, « l’un des gamins est venu en cours avec un taser. Un autre avec des pétards. Ça nous préoccupe beaucoup ». L’assistance opine du bonnet, d’autant plus à la lumière de faits divers récents, ailleurs en France.
« Des armes circulent, il faut donc fouiller »
Pour répondre aux craintes, la vice-présidente du conseil régional chargée de la sécurité s’approche. Véronique Borré : « vous avez raison de soulever ce problème et le président Renaud Muselier y est très attentif. Il y a des médiateurs sur le terrain, et nous avons organisé une Garde régionale pour renforcer le dispositif. Pour les cas les plus importants, il y a partout à Nice des bornes SOS ».
Le premier adjoint au maire Anthony Borré prend le relais : « la société s’est considérablement dégradée. La violence dans les lycées est un sujet et la loi doit nous permettre, comme vous le demandez et puisque oui, des armes circulent, d’installer des portiques pour mieux contrôler les entrées, avec des fouilles de sacs. On sait que la délinquance démarre désormais de plus en plus jeune. Pas à 16 ou 17 ans comme il y a peu, mais carrément dès 12 ou 13 ans ».
« L’Ecole n’est plus un sanctuaire de la République et face à cela, on note une tendance à vouloir étouffer l’affaire, à trouver des excuses ».
Et de poursuivre avec ce troublant constat : « on sait aussi qu’il y a désormais un point de deal devant chaque établissement, y compris et surtout dans ce que l’on surnomme parfois les beaux quartiers ».
Deal dans les collines
Est aussi dénoncé le point de deal de l’avenue Buenos Ayres, et des marginaux alcoolisés qui prennent à partie les riverains. Réponse de la Ville : « nous intervenons souvent, puisque ce sujet se pose désormais partout à Nice, et de plus en plus. Mais si les sans abri ne souhaitent pas être suivis et rejoindre des centres d’accueil, la loi ne nous permet pas de les y contraindre. Alors nous ciblons les épiceries de nuit et les supermarchés qui vendent à des personnes déjà ivres des bouteilles toute la journée ».
Tel que Nice-Presse le dévoilait dès la semaine passée, une nouvelle application sera lancée cette année pour faciliter les signalements effectués auprès du Centre de supervision urbain.
D’ailleurs, dans ce quartier pas si calme de Nice-Nord, la police municipale a mené 65 opérations en cinq mois, identifiant 23 individus en lien avec le narcotrafic et interpellant sept personnes pour d’autres « faits graves ».










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