Selon Météo-France, un été « moyen » en 2050 sera plus chaud, plus sec et plus risqué qu’un record comme celui de 2022. Des températures jusqu’à 50°C sont désormais jugées plausibles si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites.
Un réchauffement plus intense en France qu’ailleurs
La France se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. D’ici 2050, le pays pourrait enregistrer un réchauffement climatique d’environ +2,7°C par rapport à l’ère préindustrielle, contre déjà +1,7°C aujourd’hui.
« Pour aller vite, on peut dire que ce sera : plus chaud, plus sec et plus de feux », résume Lola Corre, climatologue au Centre national de recherches météorologiques (CNRM/Météo-France), à l’origine des projections baptisées TRACC (Trajectoires climatiques régionales).
Des étés à 50°C et des vagues de chaleur prolongées
« L’été est la saison qui se réchauffe le plus », avertit la chercheuse. En moyenne, les températures estivales (juin-juillet-août) grimperaient de +3°C. Ce réchauffement serait plus modéré sur la façade atlantique (+2,4°C en Seine-Maritime), mais bien plus marqué dans le Sud-Est (+3,5°C dans les Alpes-de-Haute-Provence).
Les canicules seront plus longues, plus intenses et pourront survenir plus tôt au printemps ou s’étirer jusqu’à l’automne.
Le record actuel de 46°C mesuré dans le Gard en 2019 pourrait être dépassé. « En 2050, atteindre les 50°C est possible », assure Lola Corre. Quant à l’été 2022, le plus chaud jamais enregistré à ce jour, il deviendrait simplement « un été normal » d’ici 25 ans.
Plus de sécheresses sévères sur tout le territoire
Même si les précipitations futures sont difficiles à anticiper, les modèles s’accordent sur une baisse d’environ 10 % des pluies estivales dans le Sud-Ouest. Combinée à l’évapotranspiration des plantes et à la chaleur, cette baisse augmentera fortement les risques de sécheresse très sévère.
« Le nombre de jours de sécheresse pourrait augmenter de 24 à 40 jours selon les modèles », indique la climatologue. Ces sécheresses pourraient aussi concerner simultanément toute la France.
Des épisodes comme celui de 2022, avec la quasi-totalité des départements métropolitains en alerte sécheresse, deviendraient plus fréquents, bien qu’encore légèrement au-dessus de la moyenne.
Un risque accru d’incendies de forêt
Conséquence directe de la sécheresse et des températures extrêmes : le risque de feux de forêt s’aggravera, notamment dans les régions méditerranéennes et la moitié sud, mais aussi dans des zones aujourd’hui moins exposées.
Quels leviers d’adaptation face aux étés extrêmes ?
Le ressenti de ces étés futurs variera fortement selon l’environnement, l’habitat ou l’aménagement du territoire : vivre en ville ou à la campagne, dans un bâtiment ancien ou neuf, dans un quartier minéralisé ou végétalisé n’aura pas les mêmes effets.
Pour s’adapter, la chercheuse préconise « la végétation, l’aération, les matériaux réfléchissants, la réduction des îlots de chaleur ». « J’espère que je serai dans un endroit avec beaucoup de verdure et de la brise », conclut-elle.
Avec AFP



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