Lundi s’annonce comme une journée charnière pour Alpes 2030, avec l’inauguration prévue du siège de la Solidéo à Marseille et la très attendue nomination du directeur général du comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver, une désignation qui devrait revenir à Cyril Linette, dont l’arrivée est vivement espérée par plusieurs acteurs du projet.
À cinq ans de l’échéance, pour ces JO d’hiver et comme le confiait récemment un élu à l’AFP sous couvert d’anonymat, « rien ne semble simple » dans la structuration d’Alpes 2030. Un processus manifestement plus long que prévu.
La désignation du directeur général, initialement attendue la semaine dernière à la suite d’un bureau exécutif du comité d’organisation (Cojo), a finalement été repoussée, renforçant l’impression d’un démarrage poussif.
Selon plusieurs sources, Cyril Linette, ancien directeur général de L’Équipe et ex-patron du PMU, « devrait, sauf catastrophe », être officiellement nommé à ce poste, une décision qui semblait déjà arrêtée la semaine précédente.
« On a remis de l’ordre »
Toutefois, au sein du club des cinq qui supervise l’organisation — composé des régions PACA et AURA, de l’État, du CNOSF et du CPSF — certains membres souhaitaient échanger directement avec Cyril Linette avant de valider sa nomination, comme l’a expliqué Renaud Muselier à l’AFP. « Donc, on a remis de l’ordre », a précisé le président de la région PACA.
Une rencontre a donc été sollicitée entre Edgar Grospiron, président du comité d’organisation, et celui qui devrait devenir son directeur général, avec les différents partenaires impliqués.
D’après une source gouvernementale, « son arrivée devrait débloquer pas mal de choses, notamment le recrutement du reste de l’organigramme ». La nomination est donc attendue ce lundi, en marge de l’inauguration du siège de la Solidéo, société responsable de la livraison des ouvrages olympiques.
Cet événement symbolique marque aussi le point de départ des chantiers de construction et de rénovation confiés à la Solidéo, qui bénéficie d’un budget d’un milliard d’euros. Le compte à rebours est enclenché.
« Il y a quelque part un petit sentiment d’urgence, bien sûr, puisqu’on a moins de cinq ans pour tout livrer », a reconnu Damien Robert, directeur général de la Solidéo, interrogé par l’AFP.
« Les douze prochains mois vont être déterminants car les aléas dans un tel projet sont très grands au début, quand il s’agit de procédures et d’études. Après, les travaux sont lancés et on peut mobiliser plus de force si nécessaire », a-t-il ajouté.
Deux villages olympiques — l’un à Nice, l’autre à Briançon, au Fort des Têtes — ainsi qu’une patinoire, probablement à Nice, figurent parmi les projets portés par la Solidéo. S’y ajoutera peut-être l’ascenseur valléen reliant Bozel à Courchevel, un projet qui peine à sortir des cartons depuis des années.
« Tous les projets dépendent évidemment de la carte des sites qui est en train d’être établie », a indiqué une source gouvernementale à l’AFP. Un travail complexe, confié à Edgar Grospiron, qui s’efforce de prendre en compte les équilibres politiques et territoriaux.
L’un des points sensibles concerne Val d’Isère (région AURA), absente du dossier initial de candidature mais qui pourrait être intégrée à la carte des sites, laquelle sera dévoilée le 23 juin.
« Si vous remettez Val-d’Isère, il y aura Isola 2000 », a déjà prévenu Renaud Muselier, illustrant les tensions à arbitrer par le président du comité d’organisation, ancien champion de ski.
Patinoires temporaires ?
Le dossier des patinoires reste également flou. Deux enceintes temporaires sont prévues à Nice, au stade Allianz Riviera, mais un plan B envisagé à Lyon pour accueillir les épreuves de hockey sur glace a semé le doute, malgré un démenti d’Edgar Grospiron.
« Attention à ne pas faire n’importe quoi », a alerté un autre élu, préoccupé par le risque d’un projet trop éclaté géographiquement, déjà réparti sur plus de 500 kilomètres et organisé autour de quatre pôles majeurs : Nice, le Grand Bornand, Briançon et le secteur Courchevel-Méribel-La Plagne.
Le Comité international olympique a néanmoins donné son feu vert officiel à Alpes 2030 en signant mercredi dernier le contrat hôte, après avoir reçu les garanties budgétaires exigées depuis l’été dernier, et longtemps retardées par les turbulences politiques françaises.
(Avec AFP)



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