Un collectif citoyen a saisi mardi les tribunaux administratifs de Paris, Lyon et Marseille pour exiger l’ouverture d’un débat public sur les Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030, invoquant un « droit constitutionnel » relayé par des élus, parlementaires et associations.
Nommé en février président du comité d’organisation, Edgar Grospiron avait présenté ces JO comme un « évènement d’exception, fidèle aux exigences olympiques et paralympiques et aux attentes des territoires ».
Mais « depuis le début, on refuse aux habitants de s’exprimer dans le cadre d’un débat public », a regretté mardi en conférence de presse l’avocat du collectif JOP 2030, Jérôme Graefe, invoquant « un droit constitutionnel ».
Cette candidature, initiée fin 2023 par Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, a été critiquée par le député LFI de Savoie, Jean-François Coulomme, pour son absence de transparence envers les citoyens. Selon lui, elle « entraîne des conséquences économiques, sociales et environnementales considérables ».
Il a pointé la fragilité des montagnes face au réchauffement climatique, la question de la ressource en eau, mais aussi la promesse de créations d’emplois précaires : « sur le plan social, il nous est vendu des emplois en CDD, là où ces Jeux vont recourir (à) des bénévoles ».
Autre sujet de désaccord : les sites de compétition, répartis sur quatre pôles, du Grand-Bornand en Haute-Savoie à Nice, séparés par plus de 500 km de route.
Malgré plusieurs initiatives citoyennes et des pétitions ayant recueilli « plus de 70.000 signatures », selon M. Graefe, les promoteurs du projet n’ont jamais sollicité la Commission nationale du débat public (CNDP), bloquant ainsi toute discussion contradictoire autour de l’évènement.
Le collectif JOP 2030 a donc saisi trois juridictions : à Paris le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), à Marseille la région Paca et la Solideo, et à Lyon la région Aura ainsi que le Cojop Alpes 2030.
Pour Delphine Larat, juriste et membre fondatrice du collectif, il s’agit avant tout d’évaluer « l’intérêt général de ce projet » face à un « processus politique opaque ».
La France a obtenu en 2023 l’organisation des Jeux d’hiver 2030, préférée aux candidatures de la Suède et de la Suisse.
Avec AFP



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