Directeur des musées d’archéologie de Nice, Bertrand Roussel est aussi un auteur passionné, à l’aise avec la préhistoire comme avec l’histoire moderne. Il signe un nouvel ouvrage, « Patrimoine historique : Les 70 sites majeurs des Alpes-Maritimes », entre récits historiques et guide de voyage. Entretien.
Que vont découvrir les lecteurs ?
Le livre est structuré en petits chapitres, chacun dédié à un lieu, à un bâtiment. Tout commence avec la grotte du Vallonnet, à Roquebrune-Cap-Martin — un site fondamental, puisque c’est là qu’ont vécu les premiers européens ! Et on termine par la Tête Carrée de Sosno à Nice. C’est amusant : cette œuvre a fait polémique à sa création, et aujourd’hui, des pétitions circuleraient si on osait l’enlever. Elle est devenue un marqueur fort de notre identité urbaine.

C’est un ouvrage que j’ai coécrit avec l’éditeur Frédéric Boyer : on a voulu proposer une vraie synthèse des grands sites patrimoniaux des Alpes-Maritimes. Ils ont compté, localement, dans les États de Savoie avant 1860, ou plus largement dans l’histoire de France. L’idée, c’était de rappeler que ce département est d’une richesse incroyable. Trop souvent, on résume notre image à la carte postale de la Côte d’Azur. Ce livre raconte autre chose !
Le lecteur va pouvoir (re)découvrir des lieux presque méconnus, parfois perdus en pleine nature. Je pense par exemple au dolmen des Puades à Saint-Cézaire-sur-Siagne, qui témoigne de la période où les Hommes deviennent agriculteurs et éleveurs. C’est passionnant, et on ne le connaît pas !
Notre travail est à la fois un récit historique, et un guide pratique pour explorer tout cela.
Vous redonnez vie à des pans entiers d’histoire oubliée…
On traverse les siècles : l’Antiquité avec le site de Cimiez ou le Trophée d’Auguste à La Turbie, le Moyen Âge avec un certain nombre d’églises remarquables, l’époque moderne, avec des palais, et même le patrimoine du XXe.
Parfois, ce sont des « disparus » que l’on redécouvre. Par exemple, le casino de la Jetée-Promenade, détruit depuis longtemps. C’est une vraie transmission de mémoire.
Le département des Alpes-Maritimes est un territoire vraiment à part ?
Absolument. Aujourd’hui, on pense d’abord à Nice comme une ville balnéaire, aux chaises bleues, à la villégiature… Mais il ne faut pas oublier que c’était autrefois l’une des plus grandes places fortes d’Europe.
Avant 1706, avant que Louis XIV ne fasse raser le château et les remparts, Nice était fortifiée, stratégique. On en garde la trace avec la tranchée archéologique visible au niveau de la place Garibaldi. C’est une dimension de l’histoire locale que l’on oublie trop souvent.

Comment est née l’idée de ce livre ?
C’est une initiative de Frédéric Boyer. J’ai dit oui tout de suite. C’est une maison d’édition implantée ici, qui travaille sur tout le Sud de la France, de Marseille à Menton. On continue de collaborer : avec Alain Amiel, un autre projet devrait paraître d’ici la fin de l’année ou en 2026, avec un tome deux, cette fois centré sur le patrimoine artistique…
En savoir +
- « Patrimoine historique : Les 70 sites majeurs des Alpes-Maritimes » (éd. Mémoires Millénaires), Bertrand Roussel et Frédéric Boyer, 2025
- 29 euros
- Dans les librairies maralpines, ou sur le site web de l’éditeur



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