Sur la colline de Cimiez, à quelques pas des légendaires arènes, le Musée d’Archéologie de Nice plonge ses visiteurs dans un voyage fascinant à travers les siècles, révélant les vestiges d’une cité vieille de plus de deux mille ans.

Le Musée d’Archéologie ne se contente pas de dévoiler des pierres anciennes. Il conte avant tout l’histoire vivante d’une cité qui fut autrefois un centre florissant de la civilisation romaine en Gaule.
À la tête de ce trésor historique, Bertrand Roussel, directeur depuis 2012, gère avec passion deux établissements : Terra Amata et le musée de Cimiez. Originaire d’Arles, ce docteur en préhistoire transmet son amour pour l’archéologie avec une programmation culturelle riche, et surprenante.


« Nous voulons que nos musées soient des lieux où l’histoire prenne vie », nous explique-t-il. « Conférences, expos et événements se concentrent autour de deux grandes périodes : la préhistoire, avec ses premiers habitants, et l’époque romaine, qui a profondément marqué la région. »
Le musée n’a pas toujours occupé cet emplacement-ci. En 1960, il partageait la Villa des Arènes avec le Matisse. Mais dans les années 1990, face à l’expansion des collections de l’artiste, la municipalité a choisi de le déplacer vers un lieu plus approprié, juste à côté des ruines.
Une nouvelle localisation qui permet d’immerger les visiteurs directement au cœur des vestiges de Cemenelum. La structure actuelle se fond ainsi dans le paysage, avec une grande partie construite sous terre, pour ne pas troubler l’harmonie de la colline.
Quelles prochaines expos ?
Le site, qui s’étend sur 2,5 hectares, abrite en premier lieu les thermes et un amphithéâtre. Ces monuments, vestiges d’une époque révolue, racontent la vie quotidienne des Romains qui se retrouvaient ici pour se laver, discuter ou assister à des spectacles.

« On oublie souvent que Nice a une histoire antique très riche. C’était une cité prospère. »
Si les fouilles ont commencé dès le XIXe siècle, c’est pendant la Seconde Guerre mondiale que les travaux ont été les plus intenses. Protégé depuis, aucun nouveau chantier n’est prévu. Mais cela n’empêche pas le musée de continuer à surprendre. « On veut casser une certaine image vieillotte. Ici, on fait vivre l’histoire avec des expos dynamiques et modernes. » Les temporaires, conçues pour attirer un public large, font régulièrement parler d’elles.

« Nous travaillons sur celle qui débutera le 9 novembre, et qui portera sur les statues grecques et romaines, mais avec un angle peu commun : leurs couleurs originales ».
« Les statues antiques n’étaient pas ces figures blanches et immaculées que nous voyons aujourd’hui. Elles étaient éclatantes de couleurs ! Nous expliquerons pourquoi cette vision monochrome a perduré depuis la Renaissance. »
L’institution prépare également une séquence sur l’archéologie sous-marine, qui coïncidera avec le Sommet des Nations Unies sur l’Océan, l’année prochaine (9-13 juin 2025).
« C’est un projet ambitieux, où l’histoire rencontre les enjeux environnementaux. Les fouilles aquatiques nous réservent tant de mystères…»
Pour rappel, l’accès aux musées niçois est gratuit pour l’ensemble des habitants de la Métropole. Il suffit de se munir d’un Pass, créé avec un justificatif de domicile. On vous explique tout ici.






