Emmanuel Macron a réuni un Conseil de défense autour d’un rapport alertant sur l’entrisme des Frères musulmans. Un sujet explosif qui a enflammé la classe politique.
Un Conseil de défense pour alerter sur un islamisme « par le bas »
Emmanuel Macron a réuni mercredi un Conseil de défense pour évoquer un rapport consacré aux Frères musulmans, un document qui met en garde contre le développement d’un islamisme « par le bas » et fait l’objet d’une surenchère de réactions politiques.
Le président a convoqué autour de lui plusieurs ministres, notamment ceux des Affaires étrangères, des Finances, de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et des Sports, « trois secteurs particulièrement visés par cet entrisme », précise l’Élysée.
Certaines des mesures prises à l’issue de ce conseil seront rendues publiques, d’autres resteront classifiées, selon la présidence.
Une menace pour la cohésion nationale, selon le rapport
Ce rapport fait état d’une « menace pour la cohésion nationale » avec le développement d’un islamisme discret mais structuré attribué aux Frères musulmans.
Il vise à « sensibiliser l’État » mais aussi « faire connaître au grand public, aux élus locaux, la menace et comment elle procède ». Selon l’Élysée, « l’entrisme, c’est du temps long, c’est dissimulé, et c’est un discours qui est très policé ».
Le Conseil s’est également penché sur les réseaux sociaux, considérés comme un vecteur clé de diffusion pour des discours islamistes, notamment ceux remettant en cause les principes de laïcité républicaine.
Vives réactions d’associations musulmanes et de Mélenchon
Présentée comme « la branche nationale des Frères musulmans en France », la Fédération des Musulmans de France a dénoncé des « accusations infondées » et mis en garde contre les « amalgames dangereux ».
« Nous rejetons fermement toute allégation qui tenterait de nous associer à un projet politique étranger », a assuré la fédération, dénonçant une lecture idéologique biaisée.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a également fait part de sa « profonde inquiétude », pointant « l’absence de définitions claires » dans le rapport, qui créerait une « confusion préjudiciable » pour les musulmans français.
« L’islamophobie franchit un seuil », a estimé Jean-Luc Mélenchon sur X, dénonçant une stratégie d’inquisition. « Vous allez détruire notre pays », a-t-il lancé en direction du gouvernement.
Proposition choc de Gabriel Attal sur le voile
Avant même la publication officielle, les propositions ont afflué. Gabriel Attal (Renaissance) a proposé d’interdire le voile dans l’espace public pour les mineures de moins de quinze ans.
Il s’est appuyé sur le rapport, qui qualifie le secteur éducatif de « priorité » pour les Frères musulmans, évoquant une « augmentation visible de petites filles portant le voile ».
Une proposition controversée. « Je ne suis pas sûr qu’on irait jusqu’à interdire le voile dans l’espace public », a nuancé Arnaud Robinet (Horizons). « L’opportunisme de Gabriel Attal (…) fait le jeu des islamistes », a critiqué François Ruffin, tout en reconnaissant que le rapport contient « des points de vigilance intéressants ».
Estrosi : « que de temps perdu »
Depuis Nice, le maire, Christian Estrosi, a réagi en rappelant, vidéo à l’appui, ses réactions passées sur le sujet : « Voilà des années que je dénonce cette 5ème colonne. Elle est aujourd’hui documentée : tout est là, tout est écrit ! LFI peut bien continuer à crier à l’islamophobie ! Que de temps perdu !»
Voilà des années que je dénonce cette 5ème colonne. Elle est aujourd’hui documentée : tout est là, tout est écrit ! LFI peut bien continuer à crier à l’islamophobie ! Que de temps perdu ! pic.twitter.com/wKffIHnzS1
— Christian Estrosi (@cestrosi) May 21, 2025
Le député de Nice et président de l’UDR Eric Ciotti a également signé un communiqué : « Avec 139 lieux de culte affiliés, plus de 280 associations, une influence grandissante dans l’enseignement privé et sur les réseaux sociaux, les Frères musulmans poursuivent un objectif clair : faire basculer la société française dans la logique de la charia, par une stratégie d’entrisme, de victimisation et de propagande. »
« Face à cette menace idéologique et sécuritaire, l’UDR appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités : il est temps d’interdire les Frères musulmans en France. »
« Nous appelons également à la fermeture immédiate des lieux de culte, écoles et associations servant de relais à cette mouvance. L’État ne peut plus tolérer que des idéologues islamistes financés par des puissances étrangères imposent leur loi dans nos quartiers, déforment les esprits de nos enfants et menacent de conquérir par les esprits notre pays. »







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