Nice connaît une montée en gamme de son offre hôtelière, qui la replace aujourd’hui sur la carte des destinations prisées par les voyageurs fortunés, notamment américains. Longtemps dans l’ombre de Cannes, Monaco ou Saint-Tropez, la ville attire à nouveau une clientèle haut de gamme séduite par des établissements d’exception.
Symbole de cette transformation : la suite « Jeanne et Paul », inaugurée en juin au Negresco. Cet appartement de 400 m², prolongé de 200 m² de terrasses avec vue mer, a été aménagé par l’architecte Jean-Philippe Nuel dans l’ancien logement de Jeanne Augier, ex-propriétaire de l’hôtel et grande collectionneuse d’art.
Le Negresco, le diamant des Niçois ✨
➡️ https://t.co/K1P7zJEP1Y pic.twitter.com/iSihaPT55u— Nice-Presse Culture-Loisirs (@Nice_Culture) April 18, 2025
La suite marie mobilier Louis XIII, pièces contemporaines, arts premiers et œuvres signées Rubens ou Niki de Saint Phalle, dans un style fidèle à l’esprit du lieu. Elle a déjà accueilli des hôtes prestigieux, pour un tarif compris entre 25.000 et 35.000 euros la nuit. Elle incarne l’ambition de l’établissement, qui vise désormais le label « palace ».
« L’objectif est de porter l’hôtellerie niçoise vers l’excellence à la française », souligne Lionel Servant, directeur du Negresco.
Au XIXe et au début du XXe siècle, Nice figurait parmi les destinations privilégiées de la haute société européenne. Un statut que la ville tente aujourd’hui de reconquérir, selon Eric Abihssira, président de l’Umih pour la métropole.
Des établissements uniques dans un marché en mutation
Après une longue période centrée sur le tourisme de masse, Nice mise désormais sur l’embellissement urbain et le développement de l’hébergement haut de gamme.
Aux côtés du Negresco et du Hyatt Palais de la Méditerranée, trois nouveaux hôtels cinq étoiles ont vu le jour entre 2022 et 2024 : l’Anantara Plaza, le Maison Albar - Le Victoria, et l’Hôtel du Couvent.
Les deux premiers, situés en centre-ville, allient élégance classique et prestations haut de gamme : spa, rooftop, gastronomie. Ils marquent la volonté de leurs groupes respectifs de s’implanter sur la Côte d’Azur sans concurrencer directement les enseignes de Cannes.
L’Hôtel du Couvent, implanté dans le Vieux Nice, occupe un ancien bâtiment religieux acquis par la ville en 1984. Le projet, porté par l’entrepreneur Valéry Grego, a nécessité dix ans de travaux et 100 millions d’euros d’investissement. Le lieu cultive une esthétique raffinée et apaisante, inspirée de l’architecture monastique : sols en tomettes, murs à la chaux, jardins en terrasses, bains thermaux…
Nice, qui comptait de nombreux hôtels quatre étoiles, manquait d’établissements d’exception, souligne Mafoudia Touré, directrice marketing de l’hôtel, membre de la Luxury Collection (Marriott).
Un marché en progression constante
Selon une étude Deloitte et In Extenso publiée fin juin, les hôtels haut de gamme et de luxe représentent désormais 28 % de l’offre hôtelière niçoise, contre 23 % il y a dix ans. À titre de comparaison, cette proportion est de 24 % à Paris et 11 % à Lyon.
Les prix moyens comme les taux d’occupation dans le segment luxe ont progressé de 5 % en 2023. Une évolution tirée notamment par le retour des touristes américains, qui représentent jusqu’à la moitié des clients l’été. Ces derniers bénéficient de six vols directs quotidiens entre Nice et les États-Unis.
Avec AFP



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.