Le Tribunal administratif de Nice a suspendu, ce jeudi, l’arrêté pris par le maire de Mandelieu-la-Napoule interdisant le port de tenues religieuses ostensibles (notamment le burkini) sur les plages de la commune. Une décision rendue à la suite d’un recours déposé par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).
En bref - En pleine saison touristique, la municipalité avait voulu encadrer la tenue des baigneurs en interdisant, du 15 juillet au 31 août 2025, les tenues de bain affichant « de façon ostensible une appartenance religieuse ».
Objectif affiché : garantir la sécurité et prévenir les tensions dans un contexte de fréquentation accrue et de tensions interreligieuses. Mais pour les juges, les arguments présentés n’étaient pas suffisamment étayés pour justifier une telle restriction.
Des troubles « non-établis » ?
La commune invoquait des incidents survenus à l’été 2024 pour appuyer sa démarche, mais ces événements ont été jugés « non établis » par le tribunal. Résultat : le juge estime que la décision municipale portait une atteinte « grave et illégale » à trois libertés fondamentales : celle d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle.
La volonté d’un élu local d’assurer le calme et la cohésion dans l’espace public se heurte donc à une jurisprudence qui, au nom de la liberté individuelle, balaie les principes de neutralité de l’espace commun. Pourtant, la question du vivre-ensemble sur les plages, comme ailleurs, reste entière.
Cette suspension judiciaire soulève un débat plus large sur la capacité des maires à agir. Chargés du maintien de l’ordre, ils se retrouvent de plus en plus souvent bridés, y compris dans les zones sensibles ou les périodes tendues.



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