L’une des deux cités se conformera au carton rouge du préfet. La première n’a pas annoncé faire marche arrière pour l’instant.
C’est presque un passage obligé, chaque été : une polémique sur le port du burkini. Depuis moins de dix ans, cette tenue a gagné un peu de terrain sur les plages françaises. Il s’agit d’un maillot de bain couvrant le tronc ainsi qu’une grande partie des membres et de la tête.
Certains y verront une façon de se conforter à la pudeur cherchée par les musulmanes. D’autres, une façon d’asservir les femmes croyantes. Et des maires de la Côte d’Azur un risque de trouble à l’ordre public rendant nécessaire, on l’a vu, la prise d’arrêtés d’interdiction, rituellement attaqués - et cassés - en justice.
Le débat est de retour sur le littoral méditerranéen. Le 7 août dernier, le maire de la commune de Lecci, cette fois en Corse-du-Sud, a pris une décision similaire, en prohibant le port de tenues « manifestant une appartenance religieuse ».
Mais le préfet Amaury de Saint-Quentin a demandé son retrait puis de celui - très proche - édité par la ville de Zonza dans la foulée, tel que le souligne Midi Libre.
Selon le représentant de l’Etat sur l’Ile de Beauté, il n’existe pas réellement de risques de débordements propres à justifier ce serrage de vis. Posant ainsi la question de la légalité des deux textes locaux, conséquence de quoi, un recours gracieux a été formulé.
La seconde commune a depuis annulé son arrêté. Pas la première, qui se dit prête à le défendre devant le Tribunal administratif.
En juillet 2023, le Conseil d’État avait suspendu l’arrêté pris par la commune de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) interdisant le port du burkini. La plus haute juridiction administrative avait jugé que cette interdiction portait « atteinte de manière grave et illégale à la liberté d’aller et venir, à la liberté de conscience et à la liberté personnelle » et estimé qu’une « telle interdiction dans l’espace public doit en effet être justifiée par un risque actuel et avéré pour l’ordre public ».
Plus tôt, en 2016, un texte similaire avait été validé pour ce qui était d’une commune de Haute-Corse, les risques de troubles étant cette fois caractérisés.






