Le président des Républicains Eric Ciotti a écrit mardi aux adhérents de LR pour justifier la destitution de son numéro 2 Aurélien Pradié, leur rappelant que « quand la droite devient de gauche, elle se fourvoie ».
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« Dans une situation aussi grave pour notre pays, nous devons jouer collectif (…) Je veillerai à ce que notre famille politique conserve une ligne d’indépendance, avec une opposition claire au macronisme », affirme-t-il dans cette lettre qu’a pu consulter l’AFP.
Eric Ciotti ne nomme pas directement Aurélien Pradié, qu’il a destitué samedi de son titre de vice-président exécutif en raison d’une ligne dure sur les retraites qui a valu à ce dernier, dans l’hémicycle, des applaudissements de la Nupes vendredi.
« Je connais votre envie de sanctionner Emmanuel Macron mais ne le faisons pas au prix d’approuver Jean-Luc Mélenchon. Quand la droite devient de gauche, elle se fourvoie », assure Eric Ciotti.
Tout en rappelant la « liberté totale de vote » des parlementaires LR, il estime que « l’exigence de cohérence du parti nous impose d’adopter une position commune », d’autant que celle-ci a été votée « à la quasi-unanimité » mardi en bureau politique.
Au nom d’une « droite populaire », Aurélien Pradié a fait monter les enchères sur les carrières longues pendant tout le débat.
« La droite pour moi, c’est le courage » qui porte « la réforme pour redresser le pays », réplique Eric Ciotti. Car « nous ne gagnerons pas en renonçant à nos valeurs, celles toujours défendues par le général de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ».
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Lundi lors d’une conférence de presse à Cahors, Aurélien Pradié s’est dit « plus combatif que jamais », assurant que « de nombreux députés » LR n’avaient « pas l’intention de céder aux menaces » ni « de voter cette réforme des retraites si elle n’est pas profondément modifiée ».
Dans sa lettre aux adhérents, Eric Ciotti répète que « cette réforme est nécessaire » et que « nous nous sommes battus pour la rendre plus juste ».
« Sans réforme, d’ici cinq à dix ans, le régime par répartition va s’effondrer et les pensions seront menacées. Je m’y refuse », assure-t-il.






