Le parti Les Républicains (LR), dont le numéro 2 Aurélien Pradié a été démis samedi, a peiné à s'imposer avec la force de son ancêtre l'UMP depuis sa création en 2015, secoué par des affaires judiciaires, des rivalités internes et une ligne politique incertaine.

2015 : L'UMP devient LR

Le 30 mai 2015, le président du parti Nicolas Sarkozy annonce que l'UMP, né en 2002 et qui compte 212.000 adhérents à jour de cotisation, s'appelle désormais "Les Républicains". Les militants UMP approuvent.

Le 13 décembre, loin de la vague bleue souhaitée, le second tour des régio­nales voit la victoire des Républicains dans sept régions métro­po­li­taines, dont deux grâce au désis­tement du PS. L'Ile-de-France est toutefois ravie par Valérie Pécresse à la gauche.

Exit Sarkozy, Fillon en tête

Le 16 février 2016, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour finan­cement illégal de sa campagne prési­den­tielle de 2012, dans le cadre de l'affaire Bygmalion.

Le 22, il annonce quand même sa candi­dature à la primaire de la droite. Laurent Wauquiez devient président de LR par intérim.

Le 21 novembre, François Fillon arrive largement en tête du premier tour de la primaire et l'emporte le 27 face à Alain Juppé avec 66% des voix. M. Sarkozy est éliminé.

Echec cuisant à la présidentielle

Le 23 avril 2017, mis en examen en pleine campagne pour des soupçons d'emplois fictifs de son épouse Penelope, M. Fillon termine troisième (20%) au premier tour de la prési­den­tielle, une première pour un candidat de droite sous la Ve République. Il appelle à voter pour Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen.

Le bureau politique laisse ses adhérents choisir entre vote blanc ou vote Macron.

Le 18 juin, LR obtient 22% des voix au second tour des légis­la­tives et 112 sièges.

Fin octobre, Gérald Darmanin est exclu avec d'autres cadres du parti pour avoir rallié, comme Edouard Philippe et Bruno Le Maire avant eux, Emmanuel Macron.

Claque aux européennes

Le 10 décembre 2017, Laurent Wauquiez est élu dès le premier tour à la prési­dence du parti (74%). Seuls 100.000 des 234.556 adhérents à jour de cotisation ont voté.

Le président des Hauts-​de-​France Xavier Bertrand quitte LR et d'autres ténors, comme Alain Juppé, prennent leurs distances.

En 2019, en quatrième position, le parti enregistre son plus mauvais score aux élections européennes (8,5% des voix).

Laurent Wauquiez démis­sionne, Jean Leonetti assure l'intérim.

Scores calamiteux en 2022

En octobre 2019, Christian Jacob est élu avec 62% des voix président de LR, qui ne compte plus que 131.514 adhérents.

Valérie Pécresse est désignée candidate pour la prési­den­tielle le 4 décembre 2021 avec 61% des voix des adhérents.

Mais les déser­tions conti­nuent : en janvier 2022, l'ancien numéro 2 de LR Guillaume Peltier rallie le candidat d'extrême droite Eric Zemmour, tandis qu'Eric Woerth rejoint Emmanuel Macron en février.

Mme Pécresse enregistre un score calamiteux de 4,78% au premier tour de la prési­den­tielle le 10 avril. Elle indique qu'elle votera pour M. Macron au second tour face à Mme Le Pen.

C'est la deuxième fois que le principal parti de droite français échoue à franchir l'étape du 1er tour.

Le 12 juin, LR n'obtient que 10,4% des voix au premier tour des légis­la­tives. A l'issue du second, le 19, le groupe parle­men­taire LR voit ses effectifs passer d'une centaine d'élus à 62 (dont trois apparentés). Il est présidé par Olivier Marleix.

Christian Jacob prévient que LR ne sera "en aucun cas une force d'appoint" de la macronie. Il démis­sionne le 1er juillet.

Ciotti président, nouvelles dissensions

Trois candidats - Éric Ciotti, Bruno Retailleau, Aurélien Pradié - se présentent pour l'élection du président de LR.

Le 11 décembre, Éric Ciotti est élu président su parti avec 53,7% des voix contre 46,3% pour Bruno Retailleau.

Aurélien Pradié, éliminé au premier tour avec un peu plus de 22% mais nommé vice-​président exécutif de LR, menace de ne pas voter la réforme des retraites s'il n'obtient pas des conces­sions sur la réforme des retraites, ce qui le place à contre-​courant de son parti.

Eric Ciotti finit par le démettre de son poste de numéro 2 ce samedi, avant même le vote du texte, pour sanctionner ce qu'il considère comme une "aventure person­nelle".

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