L'ONG SOS Méditerranée a annoncé mercredi que son navire humani­taire Ocean Viking avait porté secours depuis mardi à quelque 360 personnes en péril à bord d'embarcations se dirigeant vers les côtes européennes.

Les départs de migrants depuis l'Afrique se multi­plient à la faveur de l'été qui offre de meilleurs condi­tions de navigation mais la voie migra­toire en Méditerranée centrale reste l'une des plus dange­reuses au monde.

L'Ocean Viking a ainsi procédé à six sauve­tages en deux jours dans une zone comprise entre les côtes tunisiennes, libyennes et italiennes.

Après avoir secouru 120 personnes mardi, le navire a d'abord récupéré, près de l'île italienne de Lampedusa, 53 personnes qui se trouvaient "à bord d'une embar­cation en métal surchargée qui prenait l'eau et était sur le point de chavirer".

"Toutes les personnes ont pu être secourues à bord de nos canots de sauvetage avant d’être trans­férées sur un bateau des garde-​côtes italiens", a précisé l'ONG dans un commu­niqué, souli­gnant que les rescapés, dont des femmes et des enfants, étaient partis de Sfax, en Tunisie.

Le navire s'est ensuite dirigé vers une embar­cation en bois à double pont et secouru 98 personnes dont, six femmes et trois enfants, avant de secourir 43 personnes supplé­men­taires qui tentaient également de franchir la Méditerranée à bord d'un petit bateau en bois.

Enfin, les équipes de l'Ocean Viking ont stabilisé une embar­cation en fibre de verre avec à son bord une cinquan­taine de personnes qui ont ensuite été recueillies sur un navire des garde-​côtes italien.

Depuis l'arrivée au pouvoir en octobre 2022 de la coalition de la Première ministre Giorgia Meloni, les navires des ONG opérant en Méditerranée ne sont théori­quement autorisées à effectuer qu'un seul sauvetage à la fois et doivent se rendre "sans délai" dans un port immédia­tement après - une politique qui les empêche d'en effectuer plusieurs à la suite.

Les ONG estiment que cela viole le droit maritime, qui oblige tout navire à venir en aide à un bateau en détresse.

Rome accuse les navires de sauvetage d'être un "facteur d'attraction", même si en réalité la grande majorité des migrants qui arrivent en Italie sont récupérés par les garde-côtes.

Selon les chiffres du ministère italien de l'Intérieur, les arrivées par la mer ont consi­dé­ra­blement baissé depuis le début de l'année : 27.744 personnes sont arrivées en Italie entre le 1er janvier et le 10 juillet, contre 72.036 lors de la même période de 2023.

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