Depuis le 8 et jusqu’au 20 août, la colline du Château se transforme chaque soir en scène à ciel ouvert pour La Castellada. Musiciens, chanteurs et comédiens guident le public à travers quatorze tableaux vivants retraçant les grandes heures de la cité : Catherine Ségurane et le siège de Nice, Louis XIV et la destruction de notre forteresse, l’héroïsme de Garibaldi… jusqu’aux échos du XXe siècle.
« On commence aujourd’hui et on remonte le temps. » Pour Thierry Surace, directeur de la compagnie Miranda, auteur et metteur en scène, l’idée est claire. Dans le premier tableau, deux vieux Niçois râlent gentiment sur le monde actuel. Puis, d’un pas, on plonge chez les Grecs, façon théâtre antique avec chœur, coryphée et musiciens.
Plus loin, place à une scène surréaliste sur la christianisation et ses douleurs, inspirée des chasses aux sorcières qui ont perduré dans la région jusqu’au XVIIe siècle. On croise aussi des pêcheurs, des moines facétieux jouant sur l’absurde, « visiter un château qui n’existe plus », ou encore une comédie de l’art au Moyen-Âge.

Voyage à travers les siècles
Chaque arrêt a son ton, son rythme, sa mise en lumière. Les lavandières chantent et dansent autour de Catherine Ségurane, héroïne niçoise qui reste « intouchable » dans le scénario, tant elle est incontournable.
Un chant baroque résonne dans les ruines, puis l’on assiste à la spectaculaire destruction du château par Louis XIV, avec combats d’épées et effets techniques. Plus haut, Garibaldi se dispute… avec lui-même, dans un dialogue malicieux qui mêle humour et pédagogie. Enfin, le parcours s’achève sur des scènes du XXe siècle et de la Belle Époque.

La promenade ne dépasse pas 800 mètres, mais le public a parfois l’impression de parcourir des kilomètres. « La nuit change tout » sourit Thierry Surace. « Les lieux familiers deviennent mystérieux sous les éclairages, et le public peut profiter de points de vue rares sur le port ou la terrasse, normalement fermée au public en soirée. »
Joué tous les deux ans, La Castellada se renouvelle sans perdre ses scènes emblématiques. Cette année, quatre tableaux sont entièrement nouveaux et deux autres ont été revisités. La troupe de dix-huit comédiens, renforcée par des artistes invités, apporte fraîcheur et énergie. « On aime mélanger le populaire et le cultivé. Faire rire, émouvoir, chanter, tout en transmettant l’histoire de la ville. »
Un évènement populaire qui perdure
Si l’événement a connu des débuts modestes (éclairages minimalistes, décors improvisés…), il a fini par devenir un rendez-vous attendu de l’été niçois. L’anecdote préférée du metteur en scène reste ce « mariage » dont l’épouse, robe blanche au vent, « avait réservé toutes les places pour faire découvrir Nice à sa belle-famille du Nord. »

Le charme de La Castellada tient aussi à son ambiance. Locaux et touristes s’y mêlent, curieux de (re)découvrir le patrimoine autrement. Les spectateurs ressortent souvent étonnés de la facilité avec laquelle ils se sont laissés porter par le récit, certains avouant avoir craint un spectacle « trop théâtral »… avant d’être conquis.
Et si l’organisation demande une logistique millimétrée (montage et démontage chaque soir, coordination des costumes et des lumières) l’équipe garde le sourire. « On s’engueule, on rigole, on bosse… et on recommence » résume Thierry. « C’est aussi ça, l’esprit Castellada. »
En savoir +
- Dates : du 8 au 19 août 2025 à partir de 20h
- Tarifs : 12 euros pour les adultes, 9 euros pour les enfants
- Adresse : Colline du Château, Nice
- Réservation en ligne possible ici.










Bravo et merci pour votre article sur la Castellada !!!!!