Le bilan touristique de l’année 2025 en France est jugé « correct » mais reste profondément contrasté. Si la clientèle internationale soutient l’activité, la clientèle française, pourtant majoritaire, se montre plus prudente et multiplie les arbitrages budgétaires, selon l’Alliance France Tourisme.
Une année sans effondrement, mais sans véritable élan non plus. C’est le constat dressé mercredi par l’Alliance France Tourisme lors de la présentation de son observatoire annuel, réalisé avec le cabinet MKG Consulting et les Régions de France.
Une année touristique portée par l’international, Paris et la Côte d’Azur en soutien
« L’année a été correcte mais il y a un bilan contrasté : on un tourisme porté par l’international, on le voit avec l’hôtellerie de luxe et les régions qui tirent leur épingle du jeu comme Paris ou la Côte d’Azur », a déclaré le président de l’Alliance France Tourisme, Dominique Marcel.
Ces territoires concentrent une large part de la dynamique observée en 2025, soutenue par une clientèle étrangère plus présente et plus contributive. L’hôtellerie de luxe apparaît ainsi comme l’un des principaux moteurs du marché touristique français.
À l’inverse, certains segments montrent des signes de ralentissement. « L’hôtellerie économique » marque le pas, traduisant selon Dominique Marcel des comportements d’arbitrage de la part de la clientèle française.
Fréquentation en hausse
Dans l’hébergement marchand, le revenu par chambre disponible progresse de 1,3% sur l’année. Cette évolution repose avant tout sur une hausse de la fréquentation, avec un taux d’occupation atteignant 66%, soit une augmentation de 0,7 point.
En revanche, le prix moyen n’augmente que très faiblement, de 0,2%. Une stagnation qui illustre, selon l’observatoire, un comportement « plus prudent de la clientèle française et des arbitrages budgétaires marqués, notamment sur les segments d’entrée de gamme ».
Cette tendance est analysée par Vanguélis Panayotis, du cabinet MKG Consulting : « On est arrivé à un plafond de verre », avec « des clientèles françaises qui arbitrent soit en baissant de gamme soit en réduisant la durée du séjour ».
Le haut de gamme et le luxe confirment leur rôle moteur en France
Dans ce contexte contrasté, le haut de gamme et le luxe confirment leur « rôle moteur », selon l’étude, avec une hausse du revenu par chambre de 5,6%. Une performance qui renforce le poids des clientèles internationales dans l’équilibre du secteur.
Pour Dominique Marcel, cette dynamique ne doit toutefois pas masquer l’importance du marché intérieur. « Il faut insister sur l’importance des touristes français », rappelle-t-il, tout en soulignant une concurrence de plus en plus forte.
« Nous sommes plus que jamais concurrencés par nos deux grands concurrents que sont l’Espagne et l’Italie », a-t-il ajouté, appelant à une réflexion stratégique sur l’attractivité du territoire.
Des pistes pour relancer la dynamique
Du côté des Régions de France, Franck Louvrier, président de la commission tourisme, avance une priorité : « Il faut transformer nos promeneurs en consommateurs ». Il propose notamment de renforcer l’offre événementielle et de promouvoir davantage les régions hors saison.
Le développement de l’hôtellerie est également évoqué comme un levier possible, alors que l’Espagne dispose d’une capacité hôtelière supérieure de 36% à celle de la France.
Pour le premier trimestre 2026, les perspectives apparaissent plus mesurées. « Après un bon démarrage lors des vacances de Noël (…) les niveaux de réservation pour les mois de janvier à mars apparaissent plus prudents », selon l’observatoire.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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