Après une vaste opération anti-contrefaçons et anti-blanchiment menée au marché du Soleil, en plein centre de Marseille, les autorités ont annoncé sa fermeture administrative pour six mois. Une décision forte, prise dans le cadre d’une enquête de grande ampleur visant ce lieu emblématique, devenu au fil des années un point névralgique de l’économie souterraine.
Pour beaucoup de Marseillais, le marché du Soleil faisait partie du décor. Un passage obligé, animé, foisonnant, parfois déroutant aussi. Mais ce lundi, le rideau est tombé brutalement sur cette halle transformée en marché il y a 45 ans, à l’issue d’une opération coordonnée des autorités judiciaires, préfectorales et douanières.
Un marché devenu emblématique des dérives commerciales à Marseille
Lors d’un point presse, le procureur de Marseille est revenu sur l’évolution rapide du site. « On a constaté une dérive rapide, dès le début des années 2000, c’est devenu l’un des plus grands bazars de la cité phocéenne, composé d’étals, de stands et de box vendant en majorité des textiles, des chaussures et des bijoux », a-t-il expliqué. Selon lui, cette transformation s’est accompagnée d’un développement « exponentiel de marchandises contrefaites ».
Au fil des années, le marché du Soleil s’est forgé une réputation qui dépassait largement les frontières locales. L’adresse figurait même « dans des guides », attirant une clientèle nombreuse, marseillaise mais aussi touristique, a précisé le procureur Nicolas Bessone. Un succès apparent qui masquait, selon les enquêteurs, des pratiques largement en marge de la loi.
Fermeture administrative de six mois pendant l’enquête
Face à l’ampleur des faits constatés, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a pris un arrêté de fermeture pour une durée de six mois. Cette mesure vise à permettre la poursuite de l’enquête alors que d’importantes saisies de marchandises contrefaites ont déjà été réalisées. « Une opération douanière va durer plusieurs jours », a confirmé Nicolas Bessone.
Si aucun trafic de drogue n’a été mis au jour à ce stade, l’opération s’inscrit pleinement dans les nouvelles dispositions de la loi anti-narcotrafic, promulguée en juin 2025. Elle participe, selon le préfet, à la lutte contre l’économie souterraine et au « pilonnage des points de deal » engagé ces derniers mois à Marseille.
Des chiffres qui illustrent l’ampleur de la contrefaçon
Les données communiquées par les douanes donnent la mesure du phénomène. Selon le directeur régional, Michael Lachaux, « la contrefaçon est un phénomène particulièrement présent » dans la deuxième ville de France. Depuis 2023, près d’une trentaine de contrôles ont été menés sur le site.
Au total, 80.000 articles contrefaits ont été saisis, pour une valeur estimée à 11 millions d’euros. Un chiffre impressionnant, qui ne serait pourtant qu’une partie de la réalité. D’après les estimations des douanes, cet écosystème criminel pourrait représenter jusqu’à 15 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.
À l’issue de la période de fermeture, la procédure pourrait aller plus loin. Une confiscation du marché n’est pas exclue, celui-ci appartenant à une seule personne. « Il faut que l’on commence à redresser les pratiques et instaurer un nouveau rapport à la loi » à Marseille, a insisté le procureur.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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