Le patrimoine financier des ménages français atteint des sommets inédits, porté par une assurance vie toujours ultra-dominante. Derrière ce pilier, l’épargne réglementée marque le pas tandis que des centaines de milliards d’euros restent encore immobilisés sur les comptes courants ou en espèces, selon les derniers chiffres de la Banque de France et du Trésor.
Une somme difficile à concevoir, presque vertigineuse, qui continue pourtant de progresser trimestre après trimestre ! Le patrimoine financier des Français s’élevait à 6.477,6 milliards d’euros fin juin, d’après les données les plus récentes de la Banque de France, un niveau jamais atteint jusqu’ici.
Une masse financière sans précédent ?
Ce patrimoine est réparti sur une large palette de supports, allant de l’assurance vie aux actions cotées, en passant par les organismes de placement collectif, les livrets réglementés et les dépôts à vue. Une diversité de placements qui illustre à la fois la capacité d’épargne des ménages et la prudence persistante d’une partie des investisseurs.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, cette masse financière représente près du double de la dette publique française et plus de trois fois la capitalisation boursière totale des entreprises du CAC 40. En dix ans, le patrimoine financier a progressé de près de « 50%», selon la Banque de France, qui actualise ces données tous les trimestres.
La direction générale du Trésor va même plus loin. Dans une publication datée du 8 janvier, elle évalue ce patrimoine à 6.596 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025, confirmant une dynamique toujours orientée à la hausse.
L’assurance vie reste le socle de l’épargne des Français
Sans surprise, l’assurance vie conserve son statut de placement numéro un en France. Elle capte à elle seule la plus grande part de l’épargne, devant les actions non cotées et les participations liées à l’entrepreneuriat.
Selon les chiffres de la fédération France Assureurs publiés début janvier, l’encours atteignait 2.106 milliards d’euros fin novembre. Environ 20 millions de Français détiennent au moins un contrat, souvent plusieurs, pour un capital moyen dépassant les 100.000 euros par souscripteur.
Ces montants se répartissent entre deux grandes catégories. D’un côté, les fonds en euros, à capital garanti, dont le rendement est fixé chaque année par les assureurs. De l’autre, les unités de compte, plus exposées aux marchés, sans garantie en capital mais susceptibles d’offrir de meilleures performances lorsque la conjoncture est favorable.
Pour 2025, le rendement moyen des fonds en euros est jugé bien orienté. Il devrait avoisiner 2,65% hors prélèvements fiscaux et sociaux, selon les estimations du cabinet Facts & Figures.
Livret A et épargne réglementée marquent le pas
Souvent présenté comme le placement préféré des Français, le Livret A pèse pourtant bien moins lourd. S’il est détenu par près de 57 millions de personnes, son encours atteignait 438,9 milliards d’euros fin novembre, soit près de cinq fois moins que l’assurance vie.
Son développement reste contraint par un plafond fixé à 22.950 euros. En moyenne, les livrets n’étaient remplis qu’à hauteur de 7.482 euros fin 2024, soit environ un tiers de leur capacité, selon le rapport annuel de l’épargne réglementée de la Banque de France.
La baisse brutale de sa rémunération, passée de 3% en janvier 2025 à 1,7% depuis août, a freiné son attractivité. Une nouvelle diminution du taux est d’ailleurs attendue au 1er février. D’autres produits existent, comme le PEL, le LEP rémunéré à 2,7%, ou encore le LDDS, aux caractéristiques proches du Livret A.
Des centaines de milliards encore immobilisés sur les comptes courants
Malgré cette offre variée, une part importante de l’épargne reste inactive. Les dépôts à vue, c’est-à-dire l’argent laissé sur les comptes courants, représentaient encore 546 milliards d’euros fin novembre, un montant supérieur à l’encours total du Livret A.
Ces sommes, généralement non rémunérées, ont certes reculé progressivement mais demeurent considérables. À cela s’ajoute l’argent liquide conservé en dehors du système bancaire. Selon un calcul de l’AFP à partir des données de la Banque de France, les Français détiendraient encore près de 210 milliards d’euros en espèces.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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