En visite à Marseille jeudi, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a jugé que la « menace » du narcotrafic est « au moins équivalente à celle du terrorisme » en France, alors que la ville reste sous le choc après l’assassinat du frère d’un militant engagé contre le trafic de drogue.
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Ces propos font écho à ceux du président Emmanuel Macron, qui a appelé à adopter face au narcotrafic la même approche que contre « le terrorisme ».
L’assassinat en plein jour de Mehdi Kessaci, 20 ans, est considéré comme « un crime qui vise à faire peur et vise à atteindre quelque part la République et l’Etat », a déclaré de son côté le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a promis de revenir « tous les mois » dans la deuxième ville de France.
Face à cette situation, le maire divers gauche Benoît Payan a affirmé devant la presse que « La République doit être ferme, ne doit pas avoir la main qui tremble ».
Ce crime a tétanisé Marseille et choqué l’ensemble du pays, tandis que la justice étudie la piste d’ « un crime d’intimidation » visant le frère de Mehdi, Amine Kessaci, militant anti-drogue et écologiste.
Narcotrafic à Marseille : une ville sous le choc, des autorités mobilisées contre la menace
Le Garde de Sceaux a souligné jeudi l’ampleur des moyens financiers de ces réseaux, en particulier de la DZ Mafia, qui domine les 80 points de deal marseillais.
Évoquant la DZ Mafia, il a indiqué que, sur « la trentaine de personnes qui dirigent » ce réseau protéiforme, la « quasi-intégralité d’entre eux, 27 en l’occurrence » se trouve actuellement détenue dans les prisons françaises.
Les autorités gagnent « difficilement » une « bataille très, très dure contre une organisation criminelle qui sans doute fait entre 5 à 6 milliards d’euros d’argent liquide », a-t-il aussi reconnu.
Les ministres ont promis de nouveaux renforts, notamment de magistrats et de greffiers, sans avancer de chiffres précis, et ont mis en avant la loi contre le narcotrafic votée en juin, qui prévoit en janvier la création d’un parquet spécialisé sur le modèle du parquet national anti-terroriste.
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Mais ils n’ont pas retenu à ce stade la mise en place de l’état d’urgence, contrairement à la demande réitérée de Franck Allisio, candidat du Rassemblement national (RN, extrême droite) aux municipales marseillaises.
Enchaînant les interventions dans les médias, le militant anti-drogue Amine Kessaci a promis qu’il ne se tairait pas et a appelé à descendre dans la rue « par milliers » samedi, pour une marche blanche en hommage à son frère.
Le maire de Marseille a lui aussi appelé à ne « pas avoir peur » et à aller manifester samedi, même si, dans les milieux associatifs, dans les médias et dans les couloirs du palais de justice, la peur, les doutes et le désir de prudence demeurent très présents.
- Ce qu’il faut retenir : Les autorités françaises établissent un parallèle entre la gravité du narcotrafic et celle du terrorisme après l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille. Le gouvernement met en avant la loi votée en juin, la création d’un parquet spécialisé et l’arrivée annoncée de renforts judiciaires pour lutter contre ces réseaux, dont la DZ Mafia. Malgré les appels à manifester et à ne pas céder à la peur, un climat d’inquiétude persiste à Marseille, dans les milieux associatifs, médiatiques et judiciaires.
Avec AFP






