Yann Bompard, maire d’Orange (Vaucluse) et membre de la Ligue du Sud, ainsi que la députée RN Marie-France Lorho seront jugés à Marseille du 17 au 19 décembre, pour détournement de fonds publics présumé, au détriment de l’Assemblée nationale. L’affaire, aux lourdes implications politiques, concerne un présumé emploi fictif de collaborateur parlementaire, exercé par l’élu local entre fin 2021 et début 2023.
La décision de renvoyer les deux élus devant le tribunal correctionnel a été prise à l’issue d’une audience dite de mise en l’état, tenue vendredi. Ce procès est l’aboutissement d’une enquête menée par le parquet de Marseille, qui avait déjà conduit, en janvier 2024, à la perquisition du domicile de Yann Bompard. Le maire, également conseiller départemental depuis une décennie, est soupçonné d’avoir bénéficié d’un emploi fictif aux frais du Parlement.
Emploi fictif ?
Selon les éléments de l’enquête, Yann Bompard aurait perçu une rémunération en tant que collaborateur parlementaire de Marie-France Lorho entre le 30 novembre 2021 et le 11 février 2023, sans exercer de fonctions réelles. L’Assemblée nationale estime le préjudice total à 74.776 euros. Dans ce cadre, le maire d’Orange est poursuivi pour recel de détournement de fonds publics à hauteur de 42.753 euros.
Yann Bompard, âgé de 37 ans, avait été élu maire d’Orange en novembre 2021, succédant à son père Jacques Bompard, qui avait dirigé la ville pendant 26 ans avant d’être déclaré inéligible pour prise illégale d’intérêts. Ce passage de relais politique familial pourrait aujourd’hui être fragilisé par cette affaire judiciaire à fort retentissement.
Marie-France Lorho visée aussi pour subornation de témoin
La députée RN Marie-France Lorho, 60 ans, est elle aussi au cœur de ce dossier. Élue pour la première fois en 2017 sous l’étiquette Ligue du Sud en tant que suppléante de Jacques Bompard, elle avait hérité du mandat de députée dès août de la même année. Réélue en 2022 puis en 2024, cette fois sous la bannière du Rassemblement national, elle est poursuivie pour détournement de fonds publics, comme son ancien collaborateur.
Mais ce n’est pas tout. Le parquet la soupçonne également de subornation de témoin. Des écoutes téléphoniques datées du 5 septembre 2023 montreraient que l’élue aurait demandé à un collaborateur « de mentir aux enquêteurs sur la réalité de l’emploi de Yann Bompard ». Ces éléments figurent dans la convocation officielle devant le tribunal.
Des implications politiques fortes à l’approche des municipales
Interrogé par l’AFP en janvier 2024, à la sortie des perquisitions menées à son domicile et dans les bureaux de la permanence parlementaire de Mme Lorho, Yann Bompard s’était dit confiant : « J’ai bossé et j’ai apporté des preuves suffisantes. J’ai ma conscience pour moi », avait-il déclaré.
Ce procès pourrait toutefois avoir un impact politique non négligeable. En cas de condamnation, Yann Bompard risque une peine d’inéligibilité, qui pourrait être prononcée avec exécution provisoire. Une décision qui viendrait perturber la stratégie électorale locale, à quelques mois des élections municipales à Orange, où l’héritage politique des Bompard reste central.
Avec AFP





C’est au maire de dire où allait les sous. J’ai vu dans les répartitions des mandarins prendre des tickets pour être au Conseil de Salaz, au Conseil de Jora, au Comité Jaruran. Des tickets pas à 6 sous. C’est dit que c’est dans les règles. Ils signent les papiers de ces trucs, pour dire que quand ça crame ils sont vus là. Ce n’est pas à dire que cela est pour que on ne voit pas qui signe, pour que on ne voit pas les papiers, pas d’audite là. Dans ce truc ici, on voit que c’est quelqu’un qui est aux manettes… Lire la suite »