Alors que l’exécutif assume sa reconnaissance de l’État palestinien, la bataille politique s’enflamme autour d’une question symbolique : peut-on vraiment hisser le drapeau palestinien sur les frontons de nos mairies ?
À gauche, Olivier Faure exhorte Emmanuel Macron à « autoriser » ce pavoisement, présenté comme un geste de paix. Mais dans le camp opposé, Bruno Retailleau et plusieurs élus de droite dénoncent une dérive dangereuse qui importerait un conflit étranger sur le sol français.
Neutralité républicaine ?
Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a rappelé que le droit est clair : aucune mairie ne peut afficher un parti pris politique ou religieux. La justice administrative a déjà tranché, en ordonnant le retrait de drapeaux palestiniens accrochés à des façades communales. Pour Bruno Retailleau, il est impératif de préserver la neutralité des services publics et de « ne pas importer le conflit du Proche-Orient » sur nos territoires.
Une position balayée par la gauche, qui multiplie les comparaisons. Boris Vallaud évoque les drapeaux israéliens hissés après l’attaque du Hamas, ou encore les couleurs ukrainiennes qui flottent encore sur plusieurs hôtels de ville. Marine Tondelier, patronne des Verts, a dénoncé des polémiques « indécentes », affirmant qu’un drapeau « n’a jamais tué personne ».
Fracture politique
La gauche s’affiche en bloc derrière l’initiative. LFI, écologistes et socialistes rivalisent de déclarations pour défendre un symbole qu’ils jugent « cohérent » avec la future reconnaissance annoncée par le président. De Nantes à Brest, plusieurs maires prévoient illumination ou installation du drapeau palestinien. À Saint-Denis, Mathieu Hanotin promet un pavoisement « éphémère » mais assumé. À Paris, Anne Hidalgo a déjà utilisé la tour Eiffel comme écran diplomatique.
À droite, la ligne est ferme : le Rassemblement national parle de « communautarisme de bas étage », Les Républicains exigent même des sanctions pour les élus contrevenants. François-Xavier Bellamy, lui, réclame la condamnation des maires qui bravent la loi.
Ripostes
Ce matin, l’Hôtel de Région est aux couleurs de la France, de la République 🇫🇷
— Renaud Muselier (@RenaudMuselier) September 22, 2025
Au moment où certains voudraient nous manipuler, nous diviser, j’ai voulu rappeler ce qui nous rassemble. Nos valeurs, notre drapeau, notre devise : liberté, égalité, fraternité.
Vive la France. pic.twitter.com/qSjjOwVDXc
Les initiatives se multiplient en ordre dispersé. À Malakoff, la maire communiste Jacqueline Belhomme refuse de retirer son drapeau malgré la justice. À Créteil, Laurent Cathala invoque au contraire la « cohésion sociale » et rejette l’appel de son propre parti.
Nantes et Brest, de leur côté, rivalisent de symboles colorés. Pendant ce temps, Renaud Muselier, le président de la Région Sud, a fait hisser une vingtaine de drapeaux français pour rappeler ce qu’il considère comme la seule bannière légitime dans l’espace public.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.