Ils vendent des vêtements sur Vinted, des créations sur Etsy, des produits high-tech via leur boutique Shopify ou leurs stocks sur Amazon. Ils sont des dizaines de milliers en France à avoir fait du commerce en ligne leur activité principale. Et depuis le 1er janvier 2024, leur rapport à l’administration fiscale a changé de nature.
- Contenu proposé avec Nice-Presse Stories. La rédaction de Nice-Presse n’a pas participé à sa réalisation.
La directive européenne DAC7 est entrée en vigueur discrètement, sans grand bruit médiatique. Son principe est simple et ses conséquences considérables : les plateformes numériques sont désormais tenues de transmettre automatiquement aux fiscs européens les données de revenus de leurs vendeurs actifs. Nom, adresse, numéro fiscal, montants encaissés : tout remonte, chaque année, sans que le vendeur n’ait rien à faire. Pour ceux qui déclaraient leurs revenus scrupuleusement, rien ne change. Pour les autres, le temps de l’économie grise numérique est officiellement terminé.
Une mise en conformité qui prend de court beaucoup d’entrepreneurs
Le problème n’est pas tant la mauvaise foi que l’ignorance. Beaucoup de vendeurs en ligne, notamment ceux qui ont démarré pendant les confinements de 2020 et 2021, n’ont jamais vraiment cerné leurs obligations fiscales. Le flou entre hobby et activité commerciale a longtemps permis une certaine tolérance de fait. Ce flou n’existe plus.
Les experts-comptables spécialisés dans le commerce en ligne le confirment : depuis 2024, les demandes de mise en conformité ont explosé. Des vendeurs réalisant entre 20 000 et 80 000 euros de chiffre d’affaires annuel sans structure adaptée cherchent à régulariser leur situation avant que l’administration ne les contacte la première.
2026, une année charnière
La DAC7 n’est pas la seule échéance qui bouscule les entrepreneurs du digital. La réforme de la facturation électronique impose aux entreprises françaises de nouvelles obligations en matière d’émission et de réception de factures dématérialisées. Pour les e-commerçants qui vendent en B2B, c’est un changement opérationnel majeur que beaucoup n’ont pas encore anticipé.
Face à ces évolutions qui s’accumulent, un constat s’impose progressivement : un cabinet comptable généraliste n’est pas toujours le mieux armé pour naviguer dans ces eaux-là. La TVA intracommunautaire, le dispositif OSS, le traitement comptable des commissions de plateformes, la gestion des flux multi-devises : autant de sujets qui nécessitent une expertise que peu de cabinets traditionnels ont vraiment développée.
C’est dans ce contexte que des structures comme Excilio, cabinet expert-comptable spécialisé dans le e-commerce et les métiers du web, ont vu leur activité croître significativement. Inscrits à l’Ordre des experts-comptables, ils accompagnent des entrepreneurs de toute la France dans un environnement réglementaire qui ne cesse de se complexifier.
Un secteur qui pèse lourd
Le e-commerce français a dépassé les 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023 selon la Fevad. Des millions de Français achètent en ligne chaque semaine, et de l’autre côté des écrans, des dizaines de milliers d’entrepreneurs ont fait du commerce digital leur quotidien. Ces années 2024 à 2026 marquent une normalisation progressive de leur statut aux yeux de l’administration. Bien anticipée, elle ne présente aucune menace. Mal préparée, elle peut coûter cher.




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